

Diskarial - "Warpath to Eternity"
Mais qui se cache derrière Diskarial ?
Oui, c'est un one man band, c'est le projet solo de Julien Helwin qui n'est autre que le batteur de Withdrawn, mais de toute façon cet homme là commence à avoir pas mal d'activité puisqu'il est aussi chez Annthennath. Et alors oui, c'est son oeuvre, puisqu'il est l'unique compositeur de la création s'aidant de son frère pour la basse et de Vincent (Asmodée et Offending) à la batterie pour les live.
Et pour un album enregistré en seulement quatre jours, je dis respect, car c'est vrai que le son ne souffre pas spécialement de carence en quoi que ce soit.
C'est auprès des grands groupes de black metal des 90's que Diskarial vient chercher sa matière. Julien a bien saisi l'essence des groupes, principalement norvégiens, il faut en convenir, du début de l'expansion de ce style infernal. En effet alors qu'on s'approche des Immortal, Old Man's Child, Emperor, dans l'aspect général, Diskarial arrive à s'extirper d'un guet-apens facile qui aurait été de refaire ce style de black metal. Au contraire Julien se permet de créer une musique black/death violent, rapide qui amène quelques mélodies judicieuses.
La voix n'est pas black comme les groupes norvégiens cités, elle se place dans une teinte black/death se dilatant dans un espace confiné plutôt en retrait pour lui donner un effet de souffle sans la mettre trop en avant évitant la faute trop criarde.
Une chanson telle que « The spell of the endless sky » est pleine de beauté noire, avec un passage ambitieusement planant, semi acoustique mais terriblement violent et mélodique. Le genre de passage qu'on aimait sur « Blashyrkh » avec un feeling nettement plus envoutant à l'aide du clavier et un côté plus thrash. Le chef d'oeuvre ténébreux d'un album somptueux, d'une durée d'environ 7 minutes pour bien développer le sujet dans ses moindres détails.
Des morceaux comme « Addiction to murder » offrent un aspect un peu plus death metal sur certaines rythmiques, les blasts restent black, mais les guitares se font plus death. La brutalité d'un Behemoth (qui était aussi un des constats pour Withdrawn ») peut-être.
C'est au dernier tiers que ma surprise a été totale, « Maze of hate » m'a indéniablement stupéfaite par son introduction aux nappes de claviers, suivie d'une rythmique enivrante de mélancolie et transcendante de puissance.
La première partie de l'album aura donc été plus black/death assez violente tandis que la deuxième partie était plus mélodique atmosphérique un peu comme Mork Gryning ou Dark Funeral sur quelques points.
J'ai par contre trouvé une grosse similitude pour le début de « Cry of the forgotten », les premiers riffs, avec le début du morceau « Gemini distance » de Withdrawn, mais en même temps, ce sont les mêmes créateurs.
Pour finir, Diskarial s'est fait plaisir en reprenant « The sun no longer rises » d'Immortal qu'on trouve sur l'album « Pure holocaust », c'est une reprise, ni plus ni moins.
Franchement, un superbe premier album, rien à ajouter...