Les
Norvégiens ne font pas dans la dentelle ! Réputés pour leurs
productions black sans concession et auréolés des plus belles
réalisations dans ce style (merci Darkthrone, Emperor, Enslaved,
Ancient et quelques centaines d'autres !), ils ne peuvent
laisser de marbre l'auditeur à la recherche d'extrémisme musical
dans toute sa splendeur.
Disiplin
ne faillit pas à la règle et délivre, à sa manière, ce même
message misanthropique et révolté, garant de cet esprit nordique
immédiatement identifiable. D'autant plus qu'il est perpétré
dans l'un des temples où ont été célébrées les plus belles
messes noires, l'Akkerhaugen studios. Cela lui donne une légitimité
et une puissance de feu unique, digne des productions quelque
peu "raw" de la dernière décennie. Disiplin s'attache donc
à faire revivre cet esprit épique et déchaîné qui faisait
la joie de ses ancêtres par ce style simpliste et direct,
un peu comme si Celtic Frost s'était amouraché de velléités
modernistes !
Bénéficiant
également de la participation de Samoth et Faust, deux figures
incontournables et respectées du microcosme black métallique
norvégien, cet album développe au fil des morceaux une atmosphère
froide et délétère qui prend une ampleur insoupçonnée. Une
écoute rapide mais réfléchie de "Strategy formulation" ou
"Hate engine" achèvera de convaincre les plus réticents aux
charmes vénéneux de cette œuvre, que l'on pourrait quasiment
qualifier de "tribute" aux vieilles gloires du genre. Reste
tout de même cette approche un peu moins primaire, que l'on
retrouve dans des riffs travaillés et une section rythmique
moins pachydermique qu'il n'y paraît.
Les
fans de Dimmu ou Cradle en seront évidemment pour leur frais,
mais ceux qui souhaitent revivre la "belle période" du black-metal
vont trouver ici de quoi se faire les incisives ! Brrrr…..