

Disarmonia Mundi - "Nebularium"
Originaires d'Italie, c'est en 2002 que Disarmonia Mundi réalise son premier album « Nebularium ». A cette époque, Speed de Soilwork n'a pas encore pointé le bout de son nez pour filer un coup de main au chant, d'ailleurs le chanteur du moment est Benny Bianco Chinto. Ce dernier sera épaulé au backing par Ettore Rigotti .
Album autoproduit, « Nebularium » présente plusieurs points positifs pour un premier album. Son booklet et son back très pros permettent de prendre le groupe au sérieux. On voit immédiatement la dominance d'Ettore Rigotti qui co-écrit la musique mais en plus s'occupe des guitares, de la batterie, des claviers, des backing vocals ainsi que de la prod, de l'enregistrement, du mixage et du mastering puisque l'album a été produit dans son propre studio.
Musicalement, il s'agit d'un album multifacettes qui propose une musique principalement death/thrash mélodique mais avant tout progressive, ce qui fait que le groupe cherche un peu une identité en explorant toutes les possibilités... Mais cet aspect progressif de la musique lui permet tout de même de réussir cet album.
Celui-ci débute avec « Into D M » un morceau assez simpliste, en boucle, qui fait un peu office d'intro. C'est pour cela que le premier véritable titre est « Blue Lake ». On découvre alors un death/thrash mélodique plutôt lourd , plutôt mid-tempo, très influencé par les premiers Opeth dans les rythmiques. L'ensemble reste pesant , agrémenté par des vocaux death et des passages très funky années 70 à la Shaft. Le gros problème qui se présente, c'est que, bien que le son ne soit pas trop mal, les vocaux sont trop en arrière-plan et cela se ressent tout au long de l'album.
Un morceau comme « Mechanichell » présente un groove excellent avec un effet occasionnel sur le chant qui s'apparente à celui de Ministry sur « Burning Inside ». C'est la profondeur des harmonies qui donne de la splendeur à cet album.
Le grand tube de l'opus est « Guilty Claims » avec des airs avant-gardistes d'un In Flames d'aujourd'hui, mêlés à une atmosphère mélancolique, un peu doom parfois. C'est justement dans ces horizons que les chanteurs puisent leurs inspirations avec tantôt un chant death bien profond et tantôt un chant clair plaintif. C'est une superbe chanson qui intéressera les fans d'Insomnium.
C'est ainsi que le feeling de Disarmonia Mundi se fait sentir : ils ne se cantonnent pas à rester dans le death mélodique, même si l'ambiance générale montre un grosse influence de la scène Suédoise mélodique, notamment sur « Burning Cells » ; les aspirations du groupe sont telles qu'il préfère présenter plusieurs tempos et rythmiques avec un changement total de mélodies à l'intérieur d'un seul morceau.
« Demiurgo » vient confirmer la bonne impression que l'on peut avoir depuis le début de l'album, en s'imposant dans une voie transcendante sur une rythmique mid-tempo mais aux allures de beauté fatale avec son thème principal qui perdure sur la moitié de la chanson pour amorcer une accélération dans la brutalité à la Opeth et une palette de vocaux aussi diversifiés qu'ils en sont parfois peut-être superflus.
Après le titre « Nebularium », l'album se termine par un instrumental à la guitare acoustique qui clot celui-ci sur une atmosphère très « spleen ».
Pour résumer, cet album, même s'il manque d'identité propre, propose des titres intéressants, travaillés et recherchés qui posent la première pierre d'un édifice encore tout neuf...