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DIMMU BORGIR "Death Cult Armageddon"
(nuclear blast)
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Il y a deux ans, "Puritanical Euphoric Misanthropia" avait fait l'effet d'une bombe. L'album avait été encensé par la critique et adoré par les fans. Dimmu Borgir avait placé la barre très haut, tant au niveau des compositions que de la production. Autant dire que ce nouvel album était très attendu. Avec une interrogation : "Est-ce que les Norvégiens vont réussir à faire aussi bien ?".Et bien ce "Death Cult Armageddon" est dans la lignée de son prédécesseur. Il est clair que Dimmu Borgir n'allait pas changer de style du jour au lendemain !
Ca reste toujours un black symphonique de haute volée. Quels sont alors les changements par rapport au précédent disque ?
Déjà, on note un ralentissement des tempos. Certes, il y a toujours des blast-beats ravageurs boostés par l'impeccable jeu de batterie de Nicolas Barker. Mais la tendance est aux morceaux mid-tempos et lourds.
Ensuite, les parties orchestrales sont supérieures au précédent album. Ce sont 46 musiciens de l'orchestre philarmonique de Prague qui officient ici. Et ça le le "fait" carrément, comme sur "Blood Hunger Doctrine" (avec Abbath en guest, s'il-vous-plait !), ou sur le grandiloquent "Eradication Instincts Defined", qui sonne comme une musique de film.
La production de Fredrik Nordström au Fredman Studios est impeccable et puissante. L'orchestre, les claviers, et les voix sont parfaitement mixés. Le chant clair de Simen est toujours aussi magnifique mais n'apparait ici que 2 fois, sur les titres en norvégien. La prestation de Shagrath est réussie du début à la fin, avec toujours ce coté "méchant" dans la voix.
Les arrangements sont riches et soignés, et les ambiances réussies (bruitages et intros divers). Rien n'a été laissé au hasard, et le travail fourni pour arriver à un tel travail a du être colossal. Certes les fans du "true" underground de mes 2 (vous savez ces gamins qui n'ont même pas 18 ans et qui prétendent mieux s'y connaitre en black que Satyr ou Mahyem. Ou encore tous ces groupes à la con et leurs cons de fans qui se croient supérieurs aux autres car ils jouent du black qui fait "Furher"...) se presseront de cracher sur Dimmu et les traiter de "traîtres" ou de "vendus"... et continueront d'écouter des groupes qui se forcent à avoir un son pourrave. Je ne sais pas qui est finalement le plus intègre... On peut cracher sur le look, le coté sataniste d'opérette, le "cirque" visuel autour du groupe, mais en terme de musique, on ne peut que rester respectueux devant la tâche accomplie. Même si Dimmu Borgir n'est pas un de mes groupes préférés, je dois reconnaître que "Death Cult Armageddon" est un petit bijou de black symphonique et sophistiqué. Terrible et bon. Terriblement bon.

 
Christophe Noguès
Decibels Storm - octobre 2003