

Deville - "Come Heavy Sleep"
Oh, je sens que les petits gars de Buzzville records et moi, on va être copains tout plein ! Entre les péquenauds de Space Probe Taurus et les cérébraux de Deville, ils me gâtent vraiment en matière de stoner. Si Space Probe Taurus met en avant des compos à la sonorité garage et dépouillée, Deville se fait en revanche un devoir de taper dans le lourd estampillé Kyuss, avec en soutien un chanteur au timbre chaud qu'on pourrait croire tout droit venu de Louisiane, et qui fait également penser au fameux JB de Spiritual Beggars et Grand Magus. A la vérité, les ambitions artistiques de Deville sont évidentes et le groupe ne dédaigne ainsi jamais les compos aux ambiances orageuses, voire complexes, comme sur ce quatrième titre instrumental au climat inquiétant, ou le douzième morceau, long et douloureux blues joué volume à fond et rappelant un peu ce que faisait Soundgarden sur un titre comme "Slaves and Bulldozers". Eh, oui, quand même... Il y a aussi des hymnes rock qui renvoient aux titres rapides de The Obsessed sur "The church within" (ex : le 5ème titre). Moi, je sais pas, mais ça fait quand un sacré paquet de putain de bonnes références, non ? Et tout ça, sans jamais tomber dans le plagiat, car, voyez-vous, les capacités de composition de ces gars leur permettent d'éviter fastoche cet écueil ô combien agaçant. Je dirais même que la qualité d'écriture de Deville est sa force n 1 : tout, dans ce disque, est souple, bien amené, naturel. On s'y sent immédiatement comme chez soi, avec, vous savez, cette fameuse envie de se réécouter le truc immédiatement. Le défaut de ce disque évident pourrait éventuellement résider dans une durée de vie un peu courte. Je ne pense cependant pas que cette avanie puisse l'affecter, car il ne saurait être question de ressentir la lassitude face à une telle qualité globale, d'autant que le groupe parvient à varier ses ambiances tout en conservant une unité artistique. C'est du très bon : pourquoi chercher plus loin ?