A
peine deux ans après la sortie du premier album de Devildriver,
et voici déjà pointer le museau du second, toujours aussi
heavy en diable et bien loin des tribulations néo métalliques
de l'ex groupe de son leader, j'ai nommé Dez Fafara. Car si
celui-ci a bien pu retirer une leçon de son expérience précédente,
c'est bien que l'imagination, l'originalité et l'efficacité
s'étaient éteints crescendo au fur et à mesure de la sortie
des albums de Coal Chamber, laissant derrière lui l'empreinte
d'un groupe qui tendait à se répéter…inlassablement.
Or, c'est loin d'être le cas avec Devildriver, qui évolue
dans des sphères bien plus extrêmes que celle du groupe précité,
en l'occurrence celles du thrash qui tâche, du death mélodique
foutrement bien agencé, du power metal flirtant avec le pilonnage
en règle et… d'un soupçon de death/black pour la forme. J'en
oublie certainement, et c'est ce métissage de nombreux styles,
en vogue ou non, qui fait le charme de cette bête odieuse
mais si attachante. Le premier album m'avait déjà fait une
très forte impression, mais avec celui-ci, je peux maintenant
affirmer que Devildriver va casser la baraque !
Encore plus puissant, encore plus mélodique, encore plus travaillé,
et produit d'une main de maître par Colin Richardson, "The
fury of our maker's hand" est l'album qui va étendre le nom
du groupe au plus grand nombre, sans forcément dénoter d'une
baisse de régime de bon aloi ou d'une concession stylistique
sans appel au mélodeath de bas étage ou du metalcore de dernière
zone, comme c'est malheureusement souvent le cas aujourd'hui.
Pas besoin de cela chez Dez et ses comparses, il est juste
question ici d'agressivité brute, de passages mélodiques intenses,
de solos balancés avec classe, d'une section rythmique divine
et carrée, bref, de talent à l'état pur.
Jetez, ne serait-ce qu'une oreille disponible, sur des morceaux
de la trempe de "Hold back the day" et son riff d'ouverture
énorme, de "Sin and sacrifice" aux multiples tempos ou du
final terrifiant "The fury of our maker's hand", et vous m'en
direz des nouvelles !
Car, malgré cette qualité évidente et indéniable, j'ai tout
de même lu quelques critiques négatives quant à la capacité
de renouvellement du style de Devildriver. Oubliez ce fatras
d'avis faits à la va vite, faites fi de ces commentaires hâtifs
qui fleurent bon l'écoute rapide et distraite, et prenez le
temps de découvrir avec recueillement cette pure invitation
au headbanging qui, en douze morceaux, redéfinit une fois
de plus la donne pour les groupes qui comptent aujourd'hui
dans le monde du metal.
Roadrunner
reprend du poil de la bête avec cet excellente nouvelle livraison
de Devildriver, le nouveau Chimaira qui s'annonce grandiose,
le prochain Opeth prévu pour la rentrée…
Après quelques pétards mouillés tels le Still Remains ou le
gâchis prévisible du pseudo come-back d'Obituary, voilà qui
fait du bien ! Aux oreilles et au portefeuille !