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Desiderii
Marginis, qui a souvent été considéré comme le clone de Raison
d'Etre, m'a, en ce qui me concerne, toujours bien intéressé.
Son précédent album, "Dead Beat", jouait beaucoup sur les infrabasses
vicieux. Celui-ci est plus nuancé. Il s'aventure dans des territoires
d'une noirceur finalement peu commune et offre 8 titres dans
lesquels les sons concrets et durs sont accouplés avec astuce
à des nappes ambient lugubres destinées à installer une langueur
de façade. Le très beau "A failure at liberty" est à cet égard
emblématique. Il s'agit de musique industrielle à son sens premier,
mais sans esbrouffe. Ces morceaux sont d'une rigueur exemplaire
et font honneur à ce projet dont je m'évertue à dire qu'il est,
avec Coph Nia, l'avenir du label Cold Meat Industry. Les structures,
souvent volontairement cachées, ne demandent qu'à être appropriées
par l'auditeur patient qui se verra alors grattifer d'ambiances
magnifiques ("Decit", "The sweet herafter"). Ambiances, ce disque
n'est qu'ambiances. Mais elles sont variées, l'auteur ayant
parfaitement su insuffler dans ses morceaux une volonté de progression
et, osons le mot, de sens. Oui, ces huit titres évitent avec
maestria l'écueil du surplace qui trop souvent plombe les projets
ambient. Ils bougent, lentement, mais bougent, en rampant, en
ahanant, en se plaignant... mais jamais ils ne restent immobiles.
Ils vous suivent, sans relâche. Et peut-être, si la lucidité
vous gagne, admettrez-vous alors que parfois, ils vous précèdent. |