Voilà
une réédition que l'on n'attendait (vraiment) pas ! En effet,
si peu d'entre nous ont le nom de ce groupe (obscur) en mémoire,
c'est tout simplement parce qu'il n'a pas laissé une empreinte
indélébile dans le petit monde du métal. Et pour cause ! Composé
de musiciens pré-pubères et acnéiques (15 ans lors de la création
du groupe) rêvant d'imiter leurs illustres aînés scandinaves
d'Entombed, Dismember, Grave, j'en passe et des meilleurs, les
Finlandais n'ont eu qu'un seul tort, pratiquer un style très
(trop) un vogue, synonyme de mort programmée à l'époque du boom
death-métallique du début de la dernière décennie ! Le petit
mais fatal bémol étant le manque d'originalité avec lequel fut
composé ce "Slumber of sullen eyes". Lorsque l'on se souvient,
avec nostalgie et émotion, de la situation proche de la saturation
et de l'asphyxie dans laquelle s'engouffrait ce bon vieux death-metal
à l'époque ! Un peu de sang frais lui aurait pourtant fait le
plus grand bien à ce bougre ! Enfin, ce n'est malheureusement
pas DEMIGOD, qui pratiquait alors un death-metal pas franchement
original mais sommes toutes bien ficelé, qui put lui insuffler
un second souffle salvateur. Ce n'était d'ailleurs pas le seul,
lorsque l'on pense à la pléthore de formations qui se trouvaient
dans la même position.
Toujours
est-il que Xtreem ressort aujourd'hui les vieilles bandes de
ce premier méfait, accompagné des quatre titres de la première
démo, le tout sans la moindre restauration ! Il n'y a qu'à jeter
une oreille sur le son, résolument old school, bien gras, un
poil étouffé et profondément scandinave, qui a néanmoins le
mérite de conserver les sensations initiales !
Alors,
les plus nostalgiques d'entre nous, et j'en fais partie, se
laisseront peut-être tenter par l'acquisition de cet objet,
symbole d'une époque aujourd'hui révolue, quant aux plus jeunes,
moins sensibles à l'appel de la vieille école, s'ils sont désireux
de s'initier à cet art obscur qu'est le death-metal historique,
devraient plutôt jeter leur dévolu sur les mythiques premiers
albums des groupes susnommés dans cette chronique, références
indéniables et inégalables d'un style alors à son apogée.