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Habituel second couteau officiant dans un death metal brutal, Dementor n'a jamais réussi à émerger durablement de son underground natal, la faute peut-être à une promotion défaillante sur ses premières réalisations ou un manque d'originalité le condamnant irrémédiablement à stagner, voire péricliter. Signé il y a quelques années par Osmose, Dementor accouchait d'un troisième album, "Enslave the weak", plus professionnel, mieux produit mais d'une banalité sans égal, ce qui faisait douter quant à son futur et à son éventuelle survie. Voila que trois ans après, Dementor nous revient, décidé à changer la donne avec ce "God defamer" haut en couleurs. Et force est de reconnaître que les bougres ont su tirer leur épingle du jeu, montant encore d'un cran dans la brutalité et ajoutant de nombreux éléments à ce maelström de violence pure afin de le rendre plus digeste. La production est ce titre éloquente et constitue d'ailleurs le point fort de ce nouvel album. Signée Andy Classen, celle-ci sublime la musique de nos amis slovaques et fait ressortir chaque riff avec puissance et clarté. D'un pur point de vue stylistique, Dementor se rapproche aujourd'hui de groupes tels Krisiun, Anasarca ou les regrettés Ravager, et pratique un brutal death plus actuel et redoutablement efficace. L'adjonction de nombreux solos dans l'esprit de Morbid Angel aère les structures relativement compactes des nouveaux morceaux du groupe, et apporte un cachet "mélodique" de bon aloi. Il y a donc du mieux sur ce "God Defamer", même si l'on est encore loin des productions prestigieuses des ténors du genre, et cela devrait amener Dementor sur la voie d'une reconnaissance méritée, fruit d'un labeur entamé sans relâche depuis plus de six ans. Une juste récompense en définitive. |