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DEICIDE "Insineratehymn"
(roadrunner - - 2000)
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Les albums qui suivirent l'emblèmatique "Legion" eurent pour effet de faire comprendre au monde que c'était par ruse que Deicide avait réussi à forcer le passage de la cour des grands du death. Comme un roturier annobli qui, une fois arrivé à la table du prince, se distingue par ses rots et ses histoires belges. Mais trop tard, il a la carte... Remarquons toutefois que le public ne s'y est pas trompé et que dès 1996, les concerts de Deicide ne firent plus recette, ce qui n'est d'ailleurs que justice car un concert de Deicide, c'est du n'importe quoi dans les grandes largeurs. C'est donc strictement sans aucune attente que j'entreprenais en 2000 l'écoute de cet "Insineratehymn" dont le seul nom laissait à penser que Deicide était décidé à persévérer dans sa veine humoristique involontaire. Et puis, retentit "Bible basher". Retentit, "claque", devrais-je dire. Comme un éclair thrash, comme un balaffre au scalpel chauffé à blanc. Ouch, ça brûle! Le feu ne retombera à aucun moment de ces 9 morceaux tout droit issus des forges du dieu Death Metal. Que des bombes, alternant tornades lacérantes et passages d'une pesanteur avilissante comme seule cette musique d'aliénés peut en produire. Quelle classe dans ces "Standing in the flames" et "Worst enemy", quelle étreinte dans ce "Remnant of a hopeless path"... L'album se clôt par un "Refusal of penance" étouffant au possible. On en ressort tout chose, tourneboulé en diable, se demandant s'il s'agit bien du même groupe que celui qui produisait le même disque depuis "Once upon the cross". Car "Insineratehymn" est d'une force et d'une vigueur peu communes dans ce milieu désormais ultra-balisé qu'est le death metal. Et on se dit que ces types sont en fait de sacrés fainéants, Benton étant certainement le plus cossard d'entre tous. Et on se le dit encore plus lorsque l'on sait que leur dernier méfait en date, "In torment in hell" est à nouveau dénué de tout intérêt. Quel drôle de groupe, tout de même, que Deicide.
 
Alexis Kieffer
Decibels Storm - avril 2002