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Projet d'un guitariste live de Taake (dont j'ignorais qu'ils eussent arpenté la scène avec suffisamment d'assiduité pour s'adjoindre ce genre de service...), Deathcult (super le nom !) pratique, selon leur maison de disque, un "cruel norwegian black metal". A priori, on nage dans le convenu grand siècle, puisque sur les 8 morceaux que compte ce disque, on distingue quand même un "Sieg heil Satan", un "Anti-human anti-life" et, comble de l'evil malignance, un "Black metal (the sign of pure evil)". Les mecs se sont donc à peu près autant cassés le tronc pour le nom de leurs morceaux que pour celui de leur groupe, c'est dire ! Ne s'agissant cependant que de signes extérieurs, l'honnêteté commande d'aller au-delà. Alors ce disque : "cruel norwegian" ou pas ? Ben, bof... Evidemment, ça vitupère des trucs tout à fait nihilistes, sur des rythmes arides et des riffs hautement rugueux. On leur saura particulièrement gré d'avoir tracé leur propre sillon en matière sonore, puisqu'ils délaissent les sonorités habituellement cristallines du black norvégien pour s'aventurer dans une mélasse particulièrement collante et, pourquoi le cacher, assez réjouissante. Côté compos, c'est tout de même résolument bas du front et répétitif. Darkthrone est joyeusement mis à contribution, Deathcult parvenant même parfois à faire encore plus primitif que le duo des bois. Ceci dit : admettons que ça puisse être un style. Allez, disons même que c'en est un. Mais ce qui finit véritablement de tout gâcher est le chanteur, qui se trouve être le guitariste susévoqué, le leader, quoi. Le type en fait des tonnes et se croit obligé de nous balancer du "Satan" toutes les deux phrases sur un ton grandiloquent. Extrêmement pénible. Deathcult a pris le parti explicite de ne faire aucune concession à la joliesse et à la demi-mesure. En soit, j'approuve. Malheureusement, il manque à ce disque un véritable fond qui permette de l'extraire de la catégorie des purs exercices de style militants. OK, les mecs, vous êtes du bon côté de la barrière. Alors pas la peine de cavaler partout en gueulant comme des ânes : on vous a vus... |