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Ce
disque est certainement l'un des albums de thrash, et de metal
en général, les plus massifs. Les titres ont une durée moyenne
de 7 minutes, avec deux pointes aux alentours de 9 minutes !
Seul Metallica, sur "And justice for all", avait osé aller aussi
loin dans la durée des titres en matière de thrash. Mais alors
que "And justice for all" pêchait par son côté démonstratif
et quelque peu artificiel, "Time does not heal" est quant à
lui tourné vers l'agression et l'efficacité malgré une complexité
exceptionnelle. Il faut dire que l'album a été produit par celui
qui est à mon sens le meilleur producteur au monde avec Colin
Richardson : Terry Date. Ce dernier, pas forcément versé dans
le thrash-metal, a su donner à cet album un emballage solide,
parvenant à canaliser l'immense technique des musiciens sans
pour autant la castrer. De la belle ouvrage. Il est très difficile
d'extraire de cet opus un titre plutôt qu'un autre tant l'impression
de cohésion est forte face à ce bloc compact : tout est bon.
Surtout que l'ensemble est soutenu avec brio par le génialissime
et fortissime Gene Hoglan, batteur d'exception dont on regrette
tant qu'il n'ait finalement jamais intégré l'écurie Slayer.
Le chanteur quant à lui évite astucieusement la voix haut perchée
qui pouvait parfois sévir dans le thrash, ce qui fait que ce
disque n'a pris aucune ride, surtout depuis que Death a remis
l'agilité technique au centre des débats dans le metal extrême.
Pour ceux qui tiennent particulièrement à disséquer cet album,
on s'extasiera sur la beauté des intros et notamment celle de
"Time does not heal", "Psychosexuality" ou "Trauma and catharsis".
On louera encore l'efficacité rythmique de "An ancient inherited
shame".
Relevons que cet album est en outre doté d'un climat réellement
noir, cette musique torturée semblant sortir des entrailles
de la terre et servir d'éxutoire à toutes les angoisses des
compositeurs. "Impressionnant" est le mot qui convient. |