home albums videos live reports interviews concerts liens contact
 


DANZIG "III - How The Gods Kill"
(def american - - 1992)
cliquez pour agrandir l'image
Où je dis : attention ! Attention à ne pas confondre le ridicule de l'homme Danzig, sorte de nabot dioesque et langue de pute, avec le compositeur Danzig, capable de réussites inaltérables telles ce "III" qui défie le temps et la concurrence avec une insolence étonnante. Avec sa pochette marmoréenne signée HR Giger, son ambiance visuelle cryptique et ses titres à connotation occulte, Danzig n'avait résolument pas le droit à l'erreur. Or, d'erreur, il n'en commet pas une seule sur ce disque exemplaire. Car il parvient non seulement à y insuffler une noirceur conforme à son emballage visuel, mais réussit à doubler cet aspect sombre d'une dynamique réelle et purement rock'n'roll, ce qui n'est pas si courant. Le côté sombre est donné par la voix de Danzig, des intros magnifiques, lentes, tristes et profondes ("Anything", "How the gods kill ") des passages d'une lourdeur quasi doom ("Godless") ou un morceau atmosphérique du plus bel effet, "Sistinas". Ce dernier est certainement un des plus beaux titres "tristes" jamais créés. Tout y est intelligent et délicat, sans aucune ostentation ni racolage. Juste la beauté d'une mélodie simple et mise en lumière par des arrangements exceptionnels. Et c'est à ce moment qu'il est nécessaire de souligner l'un des talents de Danzig : savoir s'entourer d'instrumentistes hors pairs. Malgré des noms hautement ridicules (John Christ ! Chuck Biscuits !!!), ces types sont de véritables artistes, fins, racés, capables d'oeuvrer dans tous les domaines, y compris dans le rugissant ("Do you wear the mark", "Dirty black summer") ou le vicieux à tendance aliénante ("When the dying calls", "Heart of the devils", "Bodies"). Ce disque est un exemple à peu près unique de réussite totale en ce qu'il parvient à faire coller sans aucun artifice un parti pris d'ambiance sombre et une musique sans pour autant tomber dans les pièges du systématisme ringard et de la lourdeur facile. Un must, à placer aux côtés du "black album" de Metallica et de "Bloody kisses" de Type O Negative dans le registre puissant, sombre et cohérent.
 
Alexis Kieffer
Decibels Storm - avril 2002