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Au
sein de l'immense nébuleuse qui s'est désormais constituée autour
des groupes qui, tels que Converge, mêlent hardcore et sonorités
teintées vintage/stoner, il faut désormais compter pour de bon
sur Cursed. La nature étant bien faite, ce "Two" fait suite
à "I" et constitue, par le fait, le second album des Canadiens.
Alternant passages lourdement rock et instants furieux aux frontières
du punk, Cursed parvient sans aucune difficulté à maintenir
haut le flambeau de cette scène qui est finalement née il y
a maintenant 12 ans avec "Wolverine blues" d'Entombed. D'un
autre côté, on doit quand même admettre que, justement, oeuvrant
dans un style qui n'est déjà plus tout jeune, Cursed, s'il en
respecte les canons avec brio, ne les révolutionne pas. Il en
a même l'un des tics les plus horripilants, à savoir ces désormais
convenus vocaux éraillés/hurlés que l'on retrouve dans 99 %
des groupes qui empruntent cette voie musicale. Ce clonage lyrique
est véritablement assommant. C'est donc de ce côté là, en apportant
plus de variété à son chant, que Cursed pourra encore progresser
dans l'avenir. Car pour le reste, de la basse destructive à
la guitare au son subtilement rouillé, ce disque est un régal
de tous les instants, flattant sans arrêt le conduit auditif
au travers de riffs plombés mais dynamiques, rebondissant sans
cesse et évoquant parfois au détour de quelque rythmique virulente
ce que Led Zeppelin avait pu laisser entrevoir sur un titre
tel que "Wearing and tearing", rien de moins. Et lorsque le
groupe balance un morceau de 7 minutes ("Clocked in punched
out") où là, c'est l'Electric Wizard de "Dopethrone" qui est
mis à contribution, on se dit qu'il a de quoi faire prochainement
follement grimper les enchères pour peu qu'il parvienne à se
dégager du corset hardcore trop ajusté qui l'empêche encore
trop souvent de respirer à pleins poumons. On peut encore regretter
que le dernier morceau ne soit qu'un titre non musical, ce qui
ramène la durée du disque à à peine plus de 30 minutes, ce qui
est bien dommage. Mais c'est plutôt un compliment, non ? |