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CURSED "Two"
(goodfellow records - 2005)
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Au sein de l'immense nébuleuse qui s'est désormais constituée autour des groupes qui, tels que Converge, mêlent hardcore et sonorités teintées vintage/stoner, il faut désormais compter pour de bon sur Cursed. La nature étant bien faite, ce "Two" fait suite à "I" et constitue, par le fait, le second album des Canadiens. Alternant passages lourdement rock et instants furieux aux frontières du punk, Cursed parvient sans aucune difficulté à maintenir haut le flambeau de cette scène qui est finalement née il y a maintenant 12 ans avec "Wolverine blues" d'Entombed. D'un autre côté, on doit quand même admettre que, justement, oeuvrant dans un style qui n'est déjà plus tout jeune, Cursed, s'il en respecte les canons avec brio, ne les révolutionne pas. Il en a même l'un des tics les plus horripilants, à savoir ces désormais convenus vocaux éraillés/hurlés que l'on retrouve dans 99 % des groupes qui empruntent cette voie musicale. Ce clonage lyrique est véritablement assommant. C'est donc de ce côté là, en apportant plus de variété à son chant, que Cursed pourra encore progresser dans l'avenir. Car pour le reste, de la basse destructive à la guitare au son subtilement rouillé, ce disque est un régal de tous les instants, flattant sans arrêt le conduit auditif au travers de riffs plombés mais dynamiques, rebondissant sans cesse et évoquant parfois au détour de quelque rythmique virulente ce que Led Zeppelin avait pu laisser entrevoir sur un titre tel que "Wearing and tearing", rien de moins. Et lorsque le groupe balance un morceau de 7 minutes ("Clocked in punched out") où là, c'est l'Electric Wizard de "Dopethrone" qui est mis à contribution, on se dit qu'il a de quoi faire prochainement follement grimper les enchères pour peu qu'il parvienne à se dégager du corset hardcore trop ajusté qui l'empêche encore trop souvent de respirer à pleins poumons. On peut encore regretter que le dernier morceau ne soit qu'un titre non musical, ce qui ramène la durée du disque à à peine plus de 30 minutes, ce qui est bien dommage. Mais c'est plutôt un compliment, non ?
 
Alexis Kieffer
Decibels Storm - mars 2005