

Crawling Death - "New Murder Art"
Alors qu'on s'interroge sur la qualité souvent plate ou stérile des nouvelles galettes de groupes qui n'ont plus rien à prouver ou à démontrer depuis tellement d'années déjà, ceux-ci devraient prendre exemple sur d'autres qui, bien qu'avec peu d'expérience, arrivent au contraire à intéresser la place publique du premier coup... Voici venir ici le premier album d'un groupe de l'Est, très exactement de Pologne, mère patrie de Vader ou Behemoth. Ce n'est évidemment pas le lieu d'où l'on vient qui est critère de qualité mais au contraire l'inspiration et la volonté que l'on met dans l'écriture des morceaux. Enfin bref, tout ceci pour en venir au fait que Crawling death est un jeune groupe polonais formé en 2001 ; leur discographie est à l'image de leur durée de formation puisque juste avant cet album, ils n'ont pondu qu'une démo en 2005 qui se nommait « Excremental Vomit ». Aahhhhh !!! Encore des scatologues !!!! Mais non, pas du tout, ça va, rassurez-vous, on n'est pas dans le trip excrément à longueur de temps, il ne s'agissait là que d'un titre ; de plus, la pochette de la démo était en fait la peinture de Grant Wood « American Gothic »: vous savez, le couple des années 30 avec l'homme qui tient sa fourche et sa femme à côté... mais une fois de plus revisitée, ce coup-ci avec un penchant plutôt gore et zombifique...
Enfin, cette année, après une signature sur un jeune label du nom de Let Them Come Productions également polonais, Crawling Death a sorti son premier album au mois de juin. Et franchement, ma première impression négative est partie bien loin aux oubliettes depuis un moment.
Au tout départ, je m'attendais à un groupe débutant qui allait juste se perdre dans la brutalité simpliste en se vantant d'être les plus méchants de la terre... Que nenni !!!!!
Avant toute chose, même si le packaging n'est pas des plus beaux eu égard aux moyens dont ont du bénéficier le label et le groupe, je n'en fais absolument pas cas. Je souligne juste cette pochette inspirée de celles des années 90 avec un machin sombre et sinistre dont on ne peut même pas deviner de quoi il s'agit : le genre de trip des premiers Seance ou des premiers Gorguts, un dessin obscur, sympa mais on ne sait pas ce que c'est !!!!
L'intérieur reste également simpliste, mais en tous les cas, il y a les paroles...
Crawling death joue du death metal, du pur death metal avec ses parties rapides et tantôt brutales ainsi que ses passages bien planants, parfois très lents mais tellements bons.
L'album n'est pas très long en fait, il ne dure que 27 minutes pour 7 titres dont le premier est une intro.
Effectivement, c'est très court pour profiter de leur musique, mais qu'importe, cela permettra de patienter si le groupe survit à la concurrence mondiale en matière de death metal tellement ce style subit une prolifération abusive depuis des années.
Les guitares sont fluides autant sur les rythmiques que sur les soli. Il y a là assurément une certaine technique non négligeable qui permet de mettre en valeur leur style. Il n'y a pas particulièrement d'influences ; Crawling Death a su tirer parti, dans une grande majorité de ses titres, de la scène death Américaine dans son ensemble (Morbid Angel, Cannibal Corpse, Brutality, Malevolent Creation, la Bay Area...). Mais ce n'est pas seulement cela ; c'est une synthèse du death metal des années 90, j'entends par là qu'on y retrouve également du suédois comme les premiers Grave, voire du Vader, et le véritable intérêt dans tout cela c'est que, finalement, Crawling death ne pompe sur personne et arrive à mixer un death qui, bien que pas vraiment personnel, sort du lot et n'incite personne à crier au plagiat.
En tous les cas, on constatera une présence de soli qui profite à la cohérence des morceaux, ces soli qui d'ailleurs ont été inspirés avec efficacité par la Bay Area, que ce soit la scène death ou la scène thrash, et c'est une des qualités de ce groupe.
En faisant donc abstraction de l'introduction, on profite de 6 titres brutaux, techniques qui bénéficient d'une prod honnête, d'un death metal vraiment bon qui fait plaisir à écouter. Les growls restent dans un même secteur grave, mais ça va bien avec le style du groupe. Les adorateurs de la scène américaine seront servis en tous points. Une mention spéciale est décernée au titre « The hands resist him » qui, en plus d'être brutal, s'oriente vers un death plus mélodique en conservant l'état d'esprit de l'album et termine celui-ci en beauté...
Alors, si vous souhaitez encourager un jeune groupe, c'est le moment...