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La biographie (relativement fournie d'ailleurs pour un fois) donne en guise de repères Misery Loves Co. et Neurosis pour mieux appréhender ce premier album autoproduit de Coverage. Et ma foi, cela n'est pas spécialement faux puisque ce groupe cultive le côté dissonant du premier allié à la froideur hypnotique du second. Un premier bon point donc ! D'autre part, pour une autoproduction, ce groupe a su mettre tous les atouts de son côté en enregistrant aux Studios des Milans, habituel repère d'un cousin lointain prénommé Gojira. Cela donne immédiatement un certain impact à cette musique majoritairement mid-tempo, relativement travaillée et aux ambiances multiples, qui ne saurait souffrir d'approximations quant à sa finalisation. Au vu du nombre de groupes qui se permettent de bâcler cette partie, pourtant essentielle, afin d'enregistrer illico presto le fruit de leur travail et récolter une signature express sur un label, Coverage fait figure de bon élève, appliqué et consciencieux, récoltant ainsi un second bon point. Quant à la musique à proprement parler, celle-ci témoigne d'une incontestable maturité engrangée grâce à de nombreux concerts et d'une première démo qui a posé les bases d'un style aujourd'hui personnel et dynamique. Les structures des morceaux font la part belle aux montées progressives, allant crescendo vers l'explosion tant redoutée, et les pistes se voient souvent brouillées par quelques breaks bien placés et l'utilisation raisonnée de parties acoustiques. Troisième bon point donc pour Coverage ! Au final, peu de critiques pourront obscurcir ce tableau lumineux, même si quelques longueurs sont à signaler ici et là ("Suspendu" par exemple) et un soupçon d'originalité supplémentaire serait bienvenu afin de se démarquer définitivement de leurs influences encore très (trop ?) présentes. Néanmoins, pour un premier album, autoproduit de surcroît, Coverage frappe fort et prépare habilement le terrain pour un futur qui s'annonce radieux, s'il choisit de persévérer dans cette voie. |