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J'ai délibérément
choisi de coupler la chronique de Corrosif
à celle d'Oddsize. La raison
en est fort simple ma foi, les deux groupes jouent à peu près
sur les mêmes plates bandes musicales, en l'occurrence celles
du power-thrash. Mais cela n'est pas tout, d'autres points
communs sont à signaler : une jeunesse relative et un manque
d'expérience compensés par une maîtrise instrumentale indéniable
et une envie de réussir symbolisée par des présentations soignées
et professionnelles (le digipak fait toujours forte impression
sur l'appréciation visuelle du produit fini). Les comparaisons
s'arrêtent néanmoins ici, car si l'on prend la peine d'écouter
attentivement leurs albums respectifs, celles-ci tournent
très rapidement à l'avantage d'Oddsize.
Je m'explique à ce propos…Corrosif
évolue dans un style très proche de Pantera, Gurd ou Accuser,
et le problème est le suivant : passé le premier morceau d'excellente
facture, on se trouve rapidement confronté à une redondance
rythmique qui supprime le plaisir que l'on peut éprouver au
départ. Rien n'est à reprocher sur le fond car les idées sont
bien présentes, mais c'est plutôt sur la forme et la finition
qu'il y a un certain travail à fournir. Ce style ne pardonne
aucun écart car il est difficile de retenir l'attention de
l'auditeur sur plus de 50 minutes si les morceaux ne se différencient
pas aisément et si un minimum de diversité et d'originalité
n'est pas insufflé de temps à autre. De plus, la production
est un peu juste en termes de puissance et d'agressivité et,
encore une fois, cela minimise l'impact de chaque morceau
sur la durée. Surtout quand on sait qu'il est plus facile
de faire passer la pilule avec un gros son bien compact… mais
Corrosif a encore du temps devant lui pour affiner son style
et enrichir son metal pour le moment encore un peu trop vert
à mon goût !Oddsize
a choisi un chemin différent et c'est dans des sphères où
peuvent évoluer des groupes tels Meshuggah, Fear Factory et
Orphanage dans une moindre mesure que l'on pourrait classer
cet excellent premier effort made in France. Tout ici est
résolument professionnel, à commencer par la production, massive
et tranchante comme on peut l'attendre de ce genre de groupes,
puis les compositions, entrecoupées de multiples passages
mélodiques et interludes acoustiques qui embellissent à merveille
ce concentré d'agression moderne. Aucune faute de goût n'est
à déplorer sur l'ensemble de ces huit morceaux et c'est bien
là l'atout majeur d'Oddsize. Là où il est si facile de reprendre
les vieilles ficelles déjà usées jusqu'à la corde pour n'en
retenir qu'une copie carbone fade et sans saveur, Oddsize
prend le risque de créer et de proposer quelque chose de radicalement
neuf à partir d'une base plutôt classique. Les poncifs éculés
sont ici évités avec tact et souplesse pour aboutir à un mélange
réellement convaincant et résolument original. En fait, ceux
et celles qui connaissent déjà les locaux de Malmonde (récemment
signés chez Osmose) pourraient trouver ici chaussure à leur
pied tant les démarches artistiques et stylistiques sont proches
chez ces deux groupes. On tient donc là un premier album impressionnant
de maturité et d'efficacité, qui ne demande maintenant qu'à
exploser à une audience plus large. Et, à vrai dire, je n'ai
aucune crainte à ce sujet car Oddsize possède tout ce qu'il
faut pour y parvenir. Du grand art messieurs dames !
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