

Condemned - "A Dying Art"
Entre relents de death brutal cannibouliens, et syncopes très acides de grindcore enveloppées dans des rythmiques saccadées inspirées par le fantôme éloigné de Cephalic Carnage ou Dying Fetus, Condemned n'a pas souhaité jouer la carte du groupe folklo venant d'Irlande du nord.
Au contraire, le combo se plait à jouer une espèce d'hybride brutal death et... death brutal.
Comme à l'ouest, dirait Erich Maria Remarque, il n'y a rien de nouveau, Condemned ne vient pas en conquérant du nouveau monde, et envoie juste des riffs tantôt basiques tantôt complexes. Formé en 1993, avec un gros passage à vide jusqu'en 2000, Condemned n'a sorti que des Ep's pendant 10 ans pour enfin finaliser quelque chose avec ce premier album « A dying art ». N'allez pas y voir une similitude avec « The art of dying » de Death Angel, parce que ce serait se mettre une poutre dans l'oeil.
Alors on y est, avec certains titres repris de leur dernier Ep et d'autres nouveautés, Condemned nous offre une bande son « gorrifique » qui débute par une intro typique des films d'horreur pour envoyer un death metal avec deux lignes vocales distinctes, d'un côté et dans la grande majorité il y a des grunts puissants, et sur certains passages ce doublage.
Bien que ce soit basique car sans prétention, on pourrait croire que c'est stérile. En fait non, ça passe pas trop mal, parce que les structures des morceaux sont plutôt étranges, à la manière des groupes dit techniques.
On se plait à apprécier les grosses rythmiques grasses, les changements de tempos, avec accélérations contrebalançées de tous parts.
A l'arrivée les 33 minutes de « A Dying Art » nous laissent un goût de « reviens-y » pour les amateurs du genre, parce qu'entre quelques pièces old-school et segments aventureux beaucoup plus heavy comme pour « Almost cannibal », Condemned s'en sort avec les honneurs.
Comme dirait l'autre: « c'est pas plus pire que si c'était moins bien », et hormis le fait que le groupe ait quasiment le même logo que leurs confrères brutal death intense américains, Condemned a sa propre personnalité au final.
Accompagné par une production sans prétention, mais sans défaut, cet album trace sa route aux confins de l'espace technico-death-brutal sauvage avec une certaine distinction, je pense qu'il pourra séduire quelques uns d'entre vous...