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Chronique et review de l’album Planet Dead de Chryseis.

Chryseis

"Planet Dead"

(great dane records - 2010)

pochette de l’album Planet Dead de Chryseisimage élargie – pochette de l’album
Chryseis - "Planet Dead"
Digne successeur d'un « Presence of the past » difficile d'accès et sorti en 2007, « Planet Dead » bénéficie de plus d'avantages.
En tout premier lieu, le fait d'avoir été raccroché à l'écurie de Great Dane Records, découvreurs de talent, et de ne plus être en autoproduction, a certainement aidé le groupe à toucher un plus large public.
En second lieu, la production est nettement supérieure à celle de « Presence of the past ». En effet, si ce premier album bien que technique voire extrêmement technique au point même d'en être parfois incompris par les profanes et sans doutes les non instrumentistes, il pêchait un peu par le son qui en ressortait. Pour ce nouvel album, trois ans les séparent et Chryseis s'est bonifié avec le temps pour réaliser un album vraiment merveilleux dans tous les sens du terme.
Alors oui, la production est déjà plus à la hauteur de la capacité d'écriture et de la prouesse technique de ce groupe, même si des améliorations auraient pu être encore effectuées.
Avec un line-up enrichi, Chryseis peut maintenant exploiter un peu plus loin sa musique progressive et quasi experimentale sur ce fil conducteur qu'est le monde de science fiction qu'il ont mis en avant déjà depuis « Presence of the past ».
On pourra déjà mettre en avant les talents de Johann Bodin pour cet artwork splendide qui met bien en exergue le concept et les paroles d’Uruk-Xul.
Et comme si les invités de marque étaient nécessairement des personnes liées à ce genre de death metal technique et inclassable on retrouvera Mike Browning (Nocturnus) à s'affairer sur quelques claviers de « Echoes from unknown depths » et à en narrer quelques passages.
Alors oui, le visuel de Chryseis s'est nettement amélioré en trois ans, oui leur univers est encore plus étrange et intéressant, oui leur musique s'est élevée encore d'un cran dans la difficulté et oui, leur son s'est également amélioré. Le mixage est beaucoup plus propre que sur le premier album, et la batterie est amplement plus chaude.
En ce qui concerne la musique elle-même on retrouve cette particularité de construire des morceaux un peu à la manière d'une bande originale de film, façon thrash/death technique. Un album qui raconte vraiment une histoire. « Planet dead » est le genre de cd qu'il faut s'envoyer plus d'une dizaine de fois avant d'en comprendre toutes les subtilités. A l'instar de certains groupes plus mythiques tels que Cynic, Nocturnus, ou encore Atheist, Chryseis est notre ovni français dans ce registre, et certainement l'unique à pouvoir écrire ce genre de musique. Avec des instrumentaux d'anthologie, on prend le wagon de l'hyper espace sur « Planet Dead » pour explorer tous les confins de l'univers. Les guitares partent par moment dans des soli virevoltant entrecoupés de claviers atmosphériques qui couvrent l'environnement d'un voile totalement spatial. On retrouve de bonne influences de Cynic, c'est vrai surtout pour un titre comme « Hunter of the twin moons », mais la personnalité de Chryseis est vraiment forte pour reprendre le dessus et laisser sa propre froideur glisser et s'emparer de tous les morceaux. La voix d‘Omnio nous rappelle bien celle de Tommy T. Baron de Coroner, et le resultat est enivrant.
En plus d'un concept Chryseis est un univers à lui tout seul, où les talents de ses membres fondateurs et des nouveaux arrivés démontrent une aptitude pour la complexité limpide. Il est difficile d'expliquer l'écoute d'un tel album, il faut l'écouter pour le vivre. Notre référence techno thrash/death elle est là.

Arzhu Decibels Storm - mars 2011
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