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CHIMAIRA "Chimaira"
(roadrunner records - 2005)
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Je ne vais pas vous bassiner avec le cap du troisième album, vu que je n'ai pas écouté le deuxième... En revanche, je puis dire que cette erreur va être rapidement réparée à l'aune de ce nouveau chapitre des aventures sonores chimériques. Déjà, on est prié de s'essuyer les Vans et de vider son Eastpack avant d'entrer. Car, autant avertir le monde : on ne trouve jamais ici la moindre once de néo-metal. Ceux qui cherchent un succédané de Korn et consorts en seront donc pour leurs frais. On en est même à des année-lumière car, voyez-vous, il n'est question sur cette galette que d'un thrash rigoureux et carnassier. Tout y est : titres longs et labyrinthiques, solos de guitares vicieux, riffs Black & Decker rayon ponceuse, mid tempos ravageurs, double grosse caisse autoritaire. S'il n'était ces vocaux modernes (et encore, qu'ont ils finalement de plus que ceux qu'entonnait il y a treize ans Phil Anselmo ?) et ces samples/claviers atmosphériques (discrets), on pourrait tout bonnement conclure à la continuation 11 ans plus tard de la dernière tentative thrashisante réussie, à savoir "Burn my eyes" de Machine Head. Car il ne faut pas non plus exagérer : remonter à la divine année 1986 ("Master of Puppets" + "Reign in blood") n'aurait ici pas de sens. C'est tout de même bien dans un axe Pantera-Machine Head-Fear Factory que s'inscrit ce disque et non dans une hypothétique recherche en paternité du côté de Slayer ou Metallica. Mais attention : à aucun moment non plus on n'est tenté de crier au plagiat. Non, Chimaira a tout simplement parfaitement assimilé les principes de base et les utilise de façon à la fois respectueuse et créative. Car l'écoute de ce disque fait indiscutablement prendre conscience de ce qu'il existe une patte Chimaira. Cette patte est illustrée par cette absolue absence de peur au moment de s'embarquer dans de longues chevauchées de plus de 7 minutes (tiens, je pense aussi à Tool du coup...). Dans cette remarquable capacité à créer un climat pesant et menaçant. Dans cette sagesse qui consiste à profiter d'un son énorme (Mixage de Colin Richardson !) sans jamais sombrer dans la vacuité de la production cosmétique qui cache au lieu d'éclairer. Dans cette absolue confiance en ses propres forces. Pour une fois que le concert de louanges n'apparaît pas (uniquement) comme la conséquence des lamentables renvois d'ascenseurs qui trop souvent polluent ce mileu, je m'autorise à y souscrire à 100 %.
 
Alexis Kieffer
Decibels Storm - août 2005