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CATHEDRAL "Statik Majik"
(toy factory - - 1993)
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Cet import japonais du EP "Satik Majik" est une veritable somme qui vaut bien des albums. En effet, y figurent non seulement les quatre premiers titres, qui sont identiques à ceux de la version européenne, mais en outre, en bonus nippons, "Autumn twilight", "Golden blood (flooding)" et "Frozen rapture". Ces trois-là étaient, en vérité déjà disponible sur le EP "Soul sacrifice" et sur la compil "Gods of grind". Ajoutez deux morceaux live dont la reprise de Black Sabbath "Sweet leaf" et vous obtenez plus d'une heure dix de doom de haute tenue. Pas mal. Je me concentrerai cependant sur les quatre titres du EP proprement dit. Passons sur "Midnight mountain" qui figurait déjà sur l'album "The ethereal mirror" et intéressons-nous aux trois autres. "Hypnos 164" est un morceau tout à fait conforme à l'orientation choisie par le groupe sur "The ethereal mirror" : il est relativement rapide, rugueux et, pour tout dire, haineux. Très chouette. "Cosmic funeral" est quant à lui excessivement bien nommé puisque Cathedral y developpe un funeral doom du meilleur aloi, rendu plus impressionnant encore par un son d'une crudité sans concession. Lee Dorrian y est plus possédé que jamais ("Let's groove sonic motherfucker!!!!!") et hurle sa haine à qui mieux-mieux. Venons en dès lors au plat de résistance de ce EP, (qui n'a de "E" que le nom) : "The voyage of the homeless sapien". Veritable odyssée de 22 minutes, ce morceau est monstrueux. Cathedral y développe à nouveau, mais cette fois sans détour, son amour pour les premiers groupes progressifs et bizarres qui peuplaient l'Angleterre à la fin des 60' - début des 70's. Le morceau se découpe en 3 parties assez distinctes. Une première, d'une durée d'environ 5 minutes durant laquelle le groupe développe un doom de facture assez classique. Une seconde, de 4 minutes environ, où le groupe alterne les passages ultra-heavy et les passages étranges, avec gargouillis de créatures visqueuses et orgue. La troisième partie est purement progressive, avec de l'orgue, des flûtes, de la guitare "gentille" et un chant clair. Très agréable. Puis, vers 15'40", le groupe reprend ses accents metal et pond l'un des riffs les plus heavy de sa carrière, bien que, il faut le dire, légèrement pompé sur celui de "Iron man" de Black sabbath. Le tout s'achève dans une ambiance de Cour des Miracles, une espèce de prophète déblatérant des conneries devant un auditeur rigolard. Quant Cathedral se délasse, ça fait mal.
 
Alexis Kieffer
Decibels Storm - avril 2002