home albums videos live reports interviews concerts liens contact
 


CATHEDRAL "The VIIth Coming"
(dreamcatcher - - 2002)
cliquez pour agrandir l'image
C'est comme à l'accoutumée avec un genou à terre et l'échine courbée que j'ai accueilli cette nouvelle offrande des dieux du doom metal. Le détour archaïque d' "Endtyme", s'il m'avait satisfait sur le plan des principes, ne pouvait manifestement pas constituer autre chose qu'un geste d'humeur en réaction à cette meute tenace de groupes de stoner, genre, ou plutôt terme, que Lee Dorrian honnit avec une persévérance étonnante. Cathedral se devait donc de remettre les choses à leur place en rappelant à chacun que ses maîtres sont Pentagram et Saint Vitus et non Kyuss ou Monster Magnet, groupes par ailleurs hautement estimables et saints. Mais, et sauf à s'engager dans une course stérile avec ses frères de sang d'Electric Wizard, Cathedral ne pouvait perséverer ad vitam eternam dans la voie ortho-rigide de leur précédent album. Il fut donc décidé que Lee Dorrian irait assouvir ses penchants psychotiques dans l'asile d'aliénés de Teeth Of The Lion Rule The Divine et Leo Smee fut pour sa part prié de délaisser Firebird, le projet heavy rock de Bill Steer, ce qui n'est pas très respectueux pour ce dernier, icône sacrée entre toutes, mais que voulez-vous, il faut parfois choisir. Le message est donc clair : on reprend l'évolution, mais on n'oublie pas ses racines doom. Message visiblement reçu à 100%, car ce nouvel album nous montre un Cathedral au meilleur de sa forme. D'"Endtyme", le groupe a conservé un son à couper au couteau et des passages ultra-doom qui ponctuent "The empty mirror", "Skullflower" ou le terrible "Halo of fire" final. De sa seconde partie de carrière (après 1993), il a gardé cet attrait pour le flamboyant et nous régale ainsi au travers des interventions guitaristiques hautement inspirées de Garry Jennings. Le groupe a également souvent recours, et on se demande pourquoi il ne l'avait pas fait plus tôt, à cet orgue hammond ("Aphrodite's winter", "Nocturnal fist", "Iconoclast", "Black robed avenger", "Halo of fire") qui fait toujours tellement plaisir à entendre. Cet album est ainsi un manifeste pour un doom metal rugueux mais éclairé, sorte de continuation plus sophistiquée de leur deuxième album, "The ethereal mirror". Il est aussi, et ceci fera toujours la différence avec les autres groupes de doom, un disque sous-tendu par une unité conceptuelle intangible due au climat onirico-horrifique que Lee Dorrian entretient avec intelligence avec son chant dont on sent, sans même lire les paroles, qu'il nous compte des histoires d'un autre monde fait de gargouilles et de sorcières goulues. Il y a de la vie dans ce disque. On peut même dire que ça grouille.
 
Alexis Kieffer
Decibels Storm - avril 2002