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C'est
comme à l'accoutumée avec un genou à terre et l'échine courbée
que j'ai accueilli cette nouvelle offrande des dieux du doom
metal. Le détour archaïque d' "Endtyme", s'il m'avait satisfait
sur le plan des principes, ne pouvait manifestement pas constituer
autre chose qu'un geste d'humeur en réaction à cette meute tenace
de groupes de stoner, genre, ou plutôt terme, que Lee Dorrian
honnit avec une persévérance étonnante. Cathedral se devait
donc de remettre les choses à leur place en rappelant à chacun
que ses maîtres sont Pentagram et Saint Vitus et non Kyuss ou
Monster Magnet, groupes par ailleurs hautement estimables et
saints. Mais, et sauf à s'engager dans une course stérile avec
ses frères de sang d'Electric Wizard, Cathedral ne pouvait perséverer
ad vitam eternam dans la voie ortho-rigide de leur précédent
album. Il fut donc décidé que Lee Dorrian irait assouvir ses
penchants psychotiques dans l'asile d'aliénés de Teeth Of The
Lion Rule The Divine et Leo Smee fut pour sa part prié de délaisser
Firebird, le projet heavy rock de Bill Steer, ce qui n'est pas
très respectueux pour ce dernier, icône sacrée entre toutes,
mais que voulez-vous, il faut parfois choisir. Le message est
donc clair : on reprend l'évolution, mais on n'oublie pas ses
racines doom. Message visiblement reçu à 100%, car ce nouvel
album nous montre un Cathedral au meilleur de sa forme. D'"Endtyme",
le groupe a conservé un son à couper au couteau et des passages
ultra-doom qui ponctuent "The empty mirror", "Skullflower" ou
le terrible "Halo of fire" final. De sa seconde partie de carrière
(après 1993), il a gardé cet attrait pour le flamboyant et nous
régale ainsi au travers des interventions guitaristiques hautement
inspirées de Garry Jennings. Le groupe a également souvent recours,
et on se demande pourquoi il ne l'avait pas fait plus tôt, à
cet orgue hammond ("Aphrodite's winter", "Nocturnal fist", "Iconoclast",
"Black robed avenger", "Halo of fire") qui fait toujours tellement
plaisir à entendre. Cet album est ainsi un manifeste pour un
doom metal rugueux mais éclairé, sorte de continuation plus
sophistiquée de leur deuxième album, "The ethereal mirror".
Il est aussi, et ceci fera toujours la différence avec les autres
groupes de doom, un disque sous-tendu par une unité conceptuelle
intangible due au climat onirico-horrifique que Lee Dorrian
entretient avec intelligence avec son chant dont on sent, sans
même lire les paroles, qu'il nous compte des histoires d'un
autre monde fait de gargouilles et de sorcières goulues. Il
y a de la vie dans ce disque. On peut même dire que ça grouille. |