

Carcariass - "E-xtinction"
C'est le mois de juin qui a vu la sortie du nouveau Carcariass. Avant de commencer à en parler j'ai un petit truc à dire. Chroniquer un album, avec je ne sais pas combien de fois par chanson, car je n'ai pas compté: « You're listening to the new carcariass album », et une deuxième phrase que je n'ai pas saisie... Ben merde, merde et remerde. Le minimum c'est de ne pas avoir à entendre ça... Euh voilà... C'est fini...
Donc Carcariass... Je me rappelle d'une démo de 94 ou 95, cassette, qui était arrivée dans mes mains, c'était sympa, j'avais eu ça dans le même temps que la démo de Caacrinolas, dans ces eaux là. J'avais beaucoup apprécié Carcariass... Le temps à passé, c'est quand j'ai vu leur myspace, avec cette nouvelle cover, que j'ai halluciné devant ce professionnalisme, et cette beauté. C'est vrai qu'auparavant j'avais pu apercevoir la cover du prédécesseur sorti en 2002 « Killing Process », et elle était très sympa, mais celle-ci et encore plus magnifique, j'adore ce jeu de couleur et de côté virtuel/réel, qui matérialise bien le titre « E-xtinction ».
Il faut être honnête, celles de « Sideral torment » et « Hell on earth » sont plutôt pas terribles.
Voici alors que depuis 7 ans, Carcariass ne nous avait rien offert. On sent bien que le groupe fait de la musique pour se faire plaisir, que le groupe n'est pas là pour créer une musique qui subviendra à leurs besoins matériels... Non, ce n'est pas la motivation lucrative que l'on entend au travers de « E-xtinction » ce sont des émotions, c'est une musique riche de sensations, riche en guitares, riche en mélodies aériennes, riche en beauté. Il est fortement possible que l'arrivée depuis 2004 de Jérôme Lachenal en tant que deuxième guitariste ait contribué à l'évolution du groupe, à son épanouissement musical qui a fait que « E-xtinction » (Aaaaaaaargh, que c'est dur à écrire de cette manière, en le coupant dès le début !!!) est beaucoup plus technique et plus mélodique que par le passé... Oui on retrouve ce qu'on avait déjà sur « Killing Process », un death metal aux riffs toujours veloutés, toujours accompagnés de mélodies charmantes, c'est du death sans être dans une catégorie spéciale ou précise. C'est du death grâce aux vocaux qui sont toujours gutturaux, mais dans l'absolu, Carcariass se dégage dorénavant de toute étiquette. Leur musique puise dans le metal et rejaillit d'elle même en s'étant forgée son identité. Comme l'eau qui traverse les montagnes et se remplit de minéraux, lorsqu'on vient la prendre à la source, on reconnaît qu'il s'agit de telle ou telle grande marque, car elle a son propre goût. Pour Carcariass c'est pareil, ils ont l'avantage d'avoir trouvé leur propre voie, et elle est unique. Et donc maintenant l'accent a encore était plus prononcé sur la fluidité des notes, sur la suite d'accords pas trop agressifs mais plus virtuoses, plus profonds...
C'est vrai que durant une heure, le groupe nous fait une démonstration de technique mais de mélodie également, « Threshold to madness » c'est quand même un morceau à pleurer devant tant de génie, et de magnificence. On se rapproche de groupes tels que Kalisia, mais avec quelques fioritures en moins.
Alors oui, il dure une heure, car sur les douze titres, les quatre derniers, sont quatre titres déjà présents sur l'album mais sans les vocaux, afin de profiter de toute la splendeur du morceau. De toutes les façons, même si les huit titres contiennent des vocaux, ceux-ci ne sont qu'un simple accompagnement à la musique du groupe, car leur participation est assez courte tout au long des morceaux, et on a la sensation que ce n'est pas la préoccupation première du groupe qui laisse plus facilement libre court à des passages instrumentaux et des soli largement développés.
L'enregistrement s'est fait au studio du groupe et le mixage par Stéphane Buriez. Du travail qui a été appuyé par une main expérimentée. Le résultat est là. Un résultat tout d'abord visuel, je le répète, Carcariass a encore fait un énorme pas au niveau de la cover, qui est somptueuse. Un résultat musical car le délai de sept ans qui sépare celui-ci et « Killing process » a été bien employé pour donner un album proche de la perfection. Il y a tellement de mélancolie, de subtilité dans les mélodies et d'aisance également dans l'exécution pourtant complexe des morceaux, que cet album se doit d'être dans vos cd-thèques. Un grand respect...