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CANDLEMASS "Epicus, Doomicus, Metallicus"
(black dragon - - 1986)
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C'est peu de dire que ce disque est une légende. Sans aller jusqu'à avancer qu'il est le premier album de metal lent et triste, il est revanche le premier à donner un nom à cette aventure : le doom. Etrange situation que celle de ce style musical qui existait avant d'avoir un nom. Avant, on disait, je crois, "ultra-heavy". Bon. Mais l'essentiel n'est évidemment pas dans cette querelle étymologique. Il est dans l'excellence de cet album qui maximise tous les fondements lugubres théorisés en son temps par Black Sabbath. Il s'ouvre sur une légende dans la légende : "Solitude". Peu de titres seront à ce point parvenu à dépeindre la peine, la mort, les désillusions. Et sans pour autant tomber dans la guimauve, car, excusez, mais le son de cet album, quoi qu'on en dise, est quand même sacrément puissant. Le seul reproche que l'on puisse adresser à ce disque concerne les relents speed metal 80's qui le hantent de ci de là ("Crystal Ball", "A Sorcerer's Pledge"). Hormis ce point infime, l'album réalise un sans faute et nous fait l'offrande, outre "Solitude", de toute une série d'hymnes, "Under the Oak" en tête. "Epicus, doomicus, metallicus" est le socle sur lequel des générations de groupes suédois perpétueront la bonne tradition doom dont ce pays deviendra le dépositaire avec l'Angleterre (Tiamat, Lake Of Tears, Stillborn, Count Raven...). S'il est certain que l'arrivée de Messiah Marcolin, après ce disque, conférera à Candlemass une présence vocale supérieure, sur le plan musical en revanche, ce premier opus est déjà proche de la perfection.
 
Alexis Kieffer
Decibels Storm - avril 2002