

Bursting - ".And Don't Deliver Us from Temptation"
Il y a quelques temps j'avais chroniqué un groupe de thrash français du nom de Hemoragy avec une excellent pochette représentant un Jésus faisant du prosélytisme avec une assemblée de metalleux et une bouteille à la main. Pochette provocatrice mais superbement bien faite.
Ici nous avons un petit peu la même chose, c'est sur une pochette largement inspirée de la Cène (qui est, pour la plus connue, une fresque de Léonard de Vinci qui a été réalisée pour le réfectoire du couvent dominicain de Santa Maria delle Grazie à Milan, représentant le dernier repas de Jésus de Nazareth entouré de ses douze apôtres, le jeudi saint, la veille de la crucifixion).
Par contre ont été insérés à l'intérieur les membres du groupe, quelques signes blasphématoires, ainsi que quelques bouteilles sur la table et une personne sous la table en train de s'occuper d'autre chose que de mettre le couvert. Un humour provocateur également, où l'alcool est roi. Un peu comme Tankard finalement !!!
Et comme cet album est autoproduit, je salue donc par conséquent le groupe pour avoir engagé des frais permettant de fournir un booklet papier glacé de qualité avec photos paroles, dessins humoristiques et autres inspirations et déviations de chef d'oeuvre comme sur la back cover, où l'on peut voir une partie de la fresque du plafond de la Chapelle sixtine, réalisée par Michel Ange, à savoir « La création d'adam ». Mais ici Dieu qui tend la main à Adam, le fait avec le signe de la « corne ». Toujours très provocateur...
Maintenant parlons du groupe. Bursting est un groupe originaire de Belgique, qui a débuté en 2004. Une démo en 2005 et hop un enregistrement de l'album en 2007 pour une sortie en 2008. Les influences revendiquées par le groupe se trouvent chez Kreator, Exodus, Testament, Slayer, Obituary, Anthrax, Death, Carcass, Lamb of God... Donc vous l'aurez compris c'est dans le thrash/death que Bursting viens vous titiller les testicules pour vous faire pousser le poil et devenir plus viril. Ouais, ça tape dans le bois dur, pas de fioriture, pas de clavier, pas de chant féminin ici, du poil du vrai, du velu, du touffu, et ça cogne comme il faut.
Les parties claviers dont vous pourrez profiter sont uniquement celles de l'intro (et aussi de la fin du dernier morceau), qui d'ailleurs ferait penser à un truc bien doom ou bien sombre, très mortuaire. Ensuite on va directement dans l'arène avec Bursting. Rythmique lourdes et rapides, un chant thrash/death qui gifle les oreilles comme un fouet sur les fesses d'un sado-maso, avec les clous en plus.
Les inspirations citées plus haut ne sont pas inutilement énumérées, c'est vrai que le tout baigne bien dans ce genre de la fin des années 80 et le début des années 90. On a là un mélange de death metal assez brutal mélangé à des riffs thrash agressifs et violents. Il n'y a qu'à écouter « System's failure » ou autre « And don't deliver... » pour constater immédiatement que Bursting est là pour écorcher vif nos sens, les guitares sont aiguisées au point de lacérer nos tympans comme à la bonne époque. Mais c'est bien mixé, la batterie aux rythmiques plus death avec une grosse caisse bien grasse, vient se coller à des guitares plus thrash. Pour une fois, le terme thrash/death n'est pas volé. On est vraiment entre les deux styles, tant au niveau des ambiances noires du death metal ricain, que dans la violence d'un thrash allemand et ricain à la fois.
Ça blaste dans tous les sens, aucun répit à part peut-être le début de « Want to see you die » qui commence de manière malsaine pour poursuivre dans un trip dans le style de groupes comme Believer, technique et thrash/death en même temps.
Cela n'a absolument rien à voir avec ce que font certains pré-pubères d'aujourd'hui. Puissance et gros son sont au programme. Gros son, oui car même si ce n'est le son ultra puissant avec un max de basse qu'on peut avoir avec cet album, il n'y a qu'à écouter « Kill for fun » pour comprendre que Bursting a un son qui déboite le fondement sans pour autant être le plus intense qui soit.
Alternance d'ambiances thrash et death font de cet album un opus intéressant. « Emasculated Conception » qui est plus mosheuse se fait couper l'herbe sous le pied par « Return to the end » beaucoup plus dévastatrice. En concert à mon avis si ça « pit » pas, c'est que c'est une assemblée de mal-entendants qui est venue voir Bursting (à moins qu'au départ ils avaient toutes leurs capacités, mais qu'à force d'écouter la puissance de Bursting ils ont des problèmes de surdité).
Sérieusement plus on avance dans l'album plus ça fait mal par où ça passe. « Back from darkness » reprend des riffs classiques de death metal lourd et sinistre et franchement ça me rappelle le bon temps. Rien que pour ça, je les en remercie.
Ici aussi, ça prouve qu'il n'y a pas besoin d'être signé pour faire de la bonne musique.