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Chronique et review de l’album Black Faith Inquisition de Blood Stained Dusk.

Blood Stained Dusk

"Black Faith Inquisition"

(moribund records -- 2008)

pochette de l’album Black Faith Inquisition de Blood Stained Duskimage élargie - pochette de l’album
Blood Stained Dusk - "Black Faith Inquisition"
Pour faciliter les choses, mieux vaut tout de suite rappeler que Blood Stained Dusk, "c'est le groupe où y'a Pest"... ce qui n'empêche pas ce projet d'appartenir à la scène black US, les autres membres étant tous estampillés yankee. L'attrait principal de ce disque est cette capacité à combiner des titres à la complexité certaine et un sens de la mélodie indiscutable. Les plans techniques s'enchaînent ainsi sans faiblir, les riffs, les tempos, les ambiances se succèdent, et nonobstant, BSD parvient à maintenir son entreprise de captage de l'attention en usant de procédés qui ont fait leurs preuves : claviers, chorus et solos de guitare, quelques passages de voix claires, ralentissements, et même de belles harmonies de guitare katatoniennes (délectables sur le 5ème titre, qui est vraiment excellent)... Nos hommes connaissent leur affaire et réussissent haut la main à susciter l'intérêt sans jamais tomber dans la vilaine putasserie à la Dimmu Borgir : on reste du bon côté de la barrière. Réussir à se tenir à égale distance de ces deux naufrages que constituent le passéisme et l'absence d'âme est une prouesse que ce disque accomplit avec facilité. Il parvient à faire cohabiter des riffs tranchés, pas true pour un sou, et à côté de ça, une authenticité incontestable obtenue par le refus d'utiliser les ficelles habituelles du racolage que sont le symphonisme cheap et, par exemple, les voix féminines. Sans oublier un son qui, avec sa basse ronflante, donne dans l'exaltation métallique la plus primale, éloignée, une fois encore, des tics "hype" habituels. La performance de Pest n'est pas étrangère à cette réussite car ce dernier livre une prestation au panel d'une étonnante diversité, aussi à l'aise dans le raclement de gorge typiquement black dont il a le secret que dans des passages clairs d'une efficacité redoutable, en passant par d'espèces de récitations rocailleuses mi-death, mi-black. La longueur des titres (rien en dessous de 9 minutes), permet au groupe de donner dans l'épique et lui donne toute latitude pour explorer son goût pour les alternances : on n'a ainsi jamais l'impression d'un alignement inutile et prétentieux de plans sans justification, car le groupe prend le temps de développer ses idées. Cette habileté à construire des titres longs rend d'autant plus incompréhensible une faille qui habite ce disque, à savoir des conclusions de morceaux souvent bâclées. Le truc s'arrête un peu n'importe comment, avec deux ou trois notes hâtivement désignées pour être définitives, accompagnées d'un léger fading... Etonnant en comparaison de la capacité constructive étalée sur les 99 autres pourcents des titres. Ce n'est donc pas à l'aune de cette relative faiblesse que je jugerai ce disque, mais bien à la lumière de sa faculté à procurer un vrai et complet plaisir black metal, intelligent, épique et construit. Ca s'enquille tout seul, ça, ma bonne dame...

Alexis Kieffer Decibels Storm - avril 2009
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