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BLACKMORE'S NIGHT "The Village Lanterne"
(steamhammer -spv- 2006)
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Le troubadour du rock est de retour. Si Ritchie Blackmore est d'ores et déjà une légende vivante (guitariste de Deep Purple, auteur du riff du mythique "Smoke on the Water", puis fondateur de Rainbow), il a su, ces 10 dernières années, renouveller sa carrière de façon brillante avec son groupe Blackmore's Night, fruit de sa collaboration avec sa chanteuse de femme Candice Night.
Nous avons déjà eu l'occasion de présenter ses précédents opus (voir nos chroniques du live "Past times with good company" et de l'album qui a suivi : "Ghost of a Rose"), et ce cinquième enregistrement en studio n'est pas près de doucher notre enhousiasme : le résultat est encore une fois d'une qualité rare.

Il n'est pas question ici de démonstration guitaristique ou de concours de descente de manche : Ritchie Blackmore joue la force tranquille (une virtuosité discrète mais bien réelle qui dégoutera encore plus les apprentis guitaristes), et met tout son talent au service de 14 véritables chansons, dont 2 instrumentaux et 4 reprises (une version magnifique du "Child in Time" de Deep Purple, "Streets of London" du guitariste anglais Ralph McTell, "St. Teresa" de... Joan Osborne et enfin "Street of Dreams" de Rainbow qui cloture l'album et qui est doublée, selon les éditions, d'une seconde version avec Joe Lynn Turner au chant).

Les arrangements se diversifient un peu plus sur ce nouveau CD, et les ambiances médiévales ou traditionnelles, bien que présentes, ne sont plus aussi prépondérantes que sur les précédents albums.
Bénéficiant d'une production parfaite, Blakmore's Night varie en effet les plaisirs, et passe allègrement de la chanson à boire ("Olde Mill Inn") aux mélopées orientalisantes ("25 years"), en passant par la complainte aux accents épiques ("Village Lanterne", "World of Stone"), les clins d'oeil prononcés à l'époque Deep Purple ("I guess it doesn't matter", "St Teresa" de Joan Osborne brillament revisité), les ambiances traditionnelles ou folkloriques ("Faerie Queen" et un "Mond Tanz" endiablé), pour parfois décrocher, de manière brillante, vers un rock FM que pourraient revendiquer Shania Twain ou Céline Dion ("I'll Be There", "Street of Dreams").

Multipliant les ambiances, les instruments et les arrangements, n'hésitant pas à rythmer ses morceaux par une java ou une valse, Blackmore's Night réussit le pari de livrer 14 titres très divers et décomplexés, sans qu'aucun n'altère la cohérence de l'ensemble.

Une grande leçon de musique, et 50 minutes de bonheur.

 
Patrick Etuy
Decibels Storm - février 2006