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"Made in Detroit" : c'est écrit sur l'arrière de la pochette. Ce groupe porte haut et fier ses origines géographiques. Il faut dire qu'en ce début des années 90, encore marqué sur le plan commercial par le succès de bêtises telles que Warrant ou Poison, il peut s'avérer en effet nécessaire d'indiquer dès le départ à l'auditeur qu'il sera question de quelque chose de légèrement différent... Et de se démarquer d'autre part de la scène de Seattle alors naissante. "Made in Detroit", ça veut dire "fait dans la ville des Stooges et des MC5"... Et de fait, l'influence de ces deux étoiles filantes du rock est déterminante dans cet album qui, toutefois, se teinte également du blues-rock surchauffé et ferrailleur que produisait Led Zep à ses débuts ("Honey" et son slide diabolique). La formule géniale quoi ! Plutôt porté vers les mid-tempo ravageurs ("Lie there and be good", "Reduced to tears"), voire sur la lenteur ("Desert jam", " Face", "Legged"), ce disque n'est en fait rien moins que l'acte de naissance du stoner-rock, même si le terme n'existe pas encore et si la localisation urbaine du groupe ne colle pas forcément avec l'idée que l'on peut se faire d'un groupe de stoner. Le tribut au punk est par ailleurs payé via une reprise tonitruante de "Strange notes" des Germs. Ainsi se clôt, avec rigueur et force, un album référentiel et incontournable du metal alternatif des années 90, aussi important que ceux de Soundgarden ou Monster Magnet, le côté underground en plus. |