 |
Formé d'Aggressor (aka Carl Michale Eide, Ulver, Cadaver Inc....), Apollyon (Dodheimsgard) et Blasphemer (Mayhem), Aura Noir est certainement l'un des all-star band les plus fameux de la scène black metal. Sur ce second album, Aggressor et Apollyon échangent sur chaque morceau le rôle de batteur et de bassiste/chanteur tandis que Blasphemer reste prudemment fidèle à la guitare... Le titre du disque est littéralement transparent quant aux intentions des trois. Ils s'évertuent en effet pendant plus de 40 minutes à perpétuer le culte de ces groupes de thrash européens des années 80 qui ont tant compté pour la scène black norvégienne (cf les t-shirts de Nocturno Culto !). Faut-il les nommer ? Kreator, Destruction, Sodom et consorts bien évidemment... On retrouve, aussi, des bouts de Hellhammer/Celtic Frost, l'influence étant incontournable. Aura Noir plaque sur cette base des vocaux black possédés, et ce quelque soit le détenteur du micro suivant les titres. Il y ajoute également un son extrêmement crû qui ne tombe cependant jamais dans le true-isme de bas étage. Ce qui est logique car en 1996 le concept "true" n'avait pas encore parasité une scène dont les présents protagonistes sont de toute façon des piliers et qui en tant que tels ne ressentent pas le besoin de se légitimer avec un son de chiottes. Toujours est-il que c'est cependant, litote, sans fioritures. Quelques essais de solos tentent bien de raffiner un peu la chose, mais c'est peine perdue, car allez tirer quelque chose de clinquant d'un son aussi rouillé. Tout ceci est donc sale, vicieux, sans vergogne et sans prétention si ce n'est celle d'honorer un culte à sa façon. Le résultat est totalement satisfactoire car ces mecs là savent composer et tenir leur projet bien serré, réussissant à insuffler un peu de particularité dans chaque titre (l'alternance au chant y est pour quelque chose) tout en maintenant l'album dans une unité conceptuelle captivante. L'écueil était de rendre une copie sans âme, un truc artificiel, dénué de tout réel projet. Ce n'est cependant pas le cas : ces 10 titres tiennent debout comme des grands et le projet aura plusieurs suites, prouvant ainsi qu'il ne s'agissait pas que d'un coup "médiatique". |