Attention,
tuerie ! Audiovison est un des nombreux projets du Suédois Christian
Rivel, par ailleurs fondateur de Narnia et DivineFire. Le bougre
gère également un label à son nom, Rivel Records, avec un beau
catalogue dans sa besace. Qui a dit hyperactif ?
Avant
d'entrer dans le vif du sujet, il est intéressant de préciser
que Christian Rivel est un chrétien convaincu, et que l'ensemble
de ses projets évolue sous une bannière white-metal assez revendicative.
L'écoute des paroles de cet album est à ce titre assez éloquente.
Si aux Etats-Unis le marché christian rock est très puissant
(on se souviendra de Stryper pour le coté folklorique de la
chose, mais surtout des succès plus récents de Creed ou Evanescence,
même si ces derniers ont depuis pris leurs distances idéologiques),
il est remarquable de constater que la scène metal chrétienne
a toujours été très discrète en Europe, question de culture
sans doute. A vrai dire les groupes white-metal européens semblent
se compter sur les doigts d'une main, et surtout il est rare
de tomber sur des albums qui savent être au top du Metal tout
en arrivant à faire passer leur message religieux.
Autant
le dire tout de suite : sans avoir besoin de faire le grand
écart, Audiovision arrive à relier le très haut au très heavy.
Christian Rivel s'était déjà fait remarquer avec Narnia, mais
avec Audiovision et ce "The Calling", il marque un grand coup.
Il
faut dire que notre homme sait visiblement s'entourer : le coeur
du line-up regroupe Rivel lui-même au chant, Lars Kriss (Lion's
Share) aux guitares, Thomas Bromann (Glenn Hugues band) à la
batterie, et Mikael Höglund (Thunder) à la basse. Comme si ça
ne suffisait pas, on retouve également au gré des morceaux Jeff
Scott Soto, Bruce Kulick, Mattias Eklund (Freak Kitchen), Eric
Clayton (Saviour Machine) et Tony Franklin (Whitesnake et Blue
Murder) comme guests de luxe. Mats Leven (At Vance) et Mic Michaelli
(Europe) ont semble-t-il participé aux sessions d'enregistrement,
mais je ne suis pas sûr qu'ils apparaissent finalement sur l'album.
Avec une telle brochette, vous aurez compris que cet album tue
: un power mélodique ultra dynamique, une éxecution dans défaut,
une production mortelle, des textes qui savent faire passer
la bonne nouvelle. "The Calling" aligne 10 titres, dont les
cinq premiers vous mettent carrément à genoux. Les 5 suivants
sont certes un peu moins impressionnants (et encore), mais c'est
sûrement pour laisser des survivants parmi les auditeurs. On
remarquera également la reprise du "Love is like oxygen" de
Sweet, qui avec ses accents pop-AOR tranche quand même brutalement
avec le reste de la tracklist.
Que
vous soyez ou non sensibles aux accents religieux de "The Calling",
une chose est sûre : amateurs de power-mélodique à la Suédoise,
ne loupez pas ce petit bijou.