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ATROCITY "Gemini"
(motor music - - 2000)
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Atrocity a toujours eu une place à part dans le metal européen. D'abord en s'appliquant à sortir des disques de death metal dans lesquels la violence le disputait à la technique (le génial "Hallucinations" et le torturé "Todessensucht"). Puis, en s'acoquinant avec les sulfureux électriciens de Das Ich avec lesquels ils pondirent un disque inattendu d'électro-metal dénommé "Die Liebe" et qui comprenait notamment, d'où son titre, une reprise assez inspirée du légendaire morceau du même nom de Laibach. Enfin, ils soignèrent leur image et leur popularité en empruntant une voie plus "mainstream" sur la plan musical et très frappante sur le plan visuel, le groupe décidant de placer en couverture de ses disques des créatures du beau sexe fort peu vêtues et manifestement adeptes de la formule "dites-le avec un fouet". Ah ! la violoncelliste de l'album de reprises "Werk 80" ! C'est indiscutablement dans le droit fil de cette dernière époque que s'inscrit ce Gemini assez classieux. Le groupe s'y adonne à un électro-metal qui le situe aux confins du nouveau Theatre Of Tragedy, The Kovenant et Rammstein. Le tout avec un chant souvent articulé en Allemand. Tout ceci pourrait sentir fortement le suivisme si Atrocity ne possédait pas une forte légitimité héritée de ses racines death et de sa collaboration innovante avec Das Ich. C'est donc avec l'esprit libéré de toute pensée soupçonneuse qu'il faut aborder l'écoute de cet album qui séduit tout autant par la robustesse de ses riffs que par la finesse de ses éléments électroniques. Ce mélange réussi est particulièrement marquant dans des morceaux tels que "Taste of sin", "Zauberstab", "Das 11.gebot" ou "Seasons in black" qui sont de vigoureux brûlots électro-thrash. On notera par ailleurs les excellentes interventions de Liv Kristine Espenaes sur la reprise de "Sound of silence" ou "Gemini". Il faut donc s'abstenir de faire à cet album le procès en "trendisme" qu'il serait si tentant de lui intenter et oser se repaître de ses airs entraînants.
 
Alexis Kieffer
Decibels Storm - avril 2002