home albums videos live reports interviews concerts liens contact

Chronique et review de l’album Chlorosis de Asmodee.

Asmodee

"Chlorosis"

(great dane records -- 2009)

pochette de l’album Chlorosis de Asmodeeimage élargie - pochette de l’album
Asmodee - "Chlorosis"
Pour être honnête, je n'ai eu dans les mains que la première démo de 1998 ainsi que la suivante « Errance », et à l'époque je n'avais pas vraiment accroché à Asmodée. Je m'étais dit que c'était juste un groupe de black tout simplement. Les années ont passé, car finalement cela fait déjà environ onze ans que la première démo est sortie, je crois qu'on peut déjà parler de vieux routards, c'est assez flatteur je pense pour ce groupe bordelais. Une petite carrière à son actif permet d'avoir un certain recul vis à vis de pas mal de choses... En tous les cas, Asmodée ne m'avait pas intéressé outre mesure. Il y a peu, une vieille connaissance m'a averti que cet album devait voir le jour. Je me suis dit alors que je devais faire un tour sur leur myspace afin de voir de quoi il retourne pour ce troisième album. Et franchement quelle heureuse surprise j'ai eu en découvrant les titres qui allaient représenter ce nouvel album. Asmodée venait de me mettre une bonne claque, le son, la complexité, l'étrange, la technique et la beauté allaient faire de cet album une production de qualité.
Je m'explique :
Ce que j'ai découvert avant tout c'est la pochette. Ce groupe joue à la base du black metal, et le fait d'aller totalement à contre courant, avec une frontcover aux tons de blanc en majeure partie, agrémentée d'un fond de croquis gris et surtout de ces peintures de type impressioniste, m'a donné envie d'écouter l'album. Si tout d'abord une pochette vous attire, c'est forcé, vous aurez envie d'aller un peu plus loin. Donc véritablement un bon point de ce côté là. C'est pour cela que je suis allé trainer mes guenilles pour voir ce groupe en concert.
Asmodée c'est un groupe de musiciens talentueux à la technique irréprochable, et sur tous les plans, guitares, basse ou batterie. De ce que j'en ai vu en concert, c'est vraiment la classe. Comme je l'avais déjà écrit, leur bassiste est plus qu'impressionnent, cet homme là me fait halluciner. Ma curiosité m'a également appris que Manuel ex-Voracious Gangrene, joue également dans Seth et que Vincent le batteur est dans Offending mais ça on le savait déjà.
Donc j'en reviens finalement au booklet de l'album. Si effectivement la beauté de la pochette m'a subjugué, J'ai été un peu déçu par l'intérieur du booklet. Ce n'est pas au niveau de l'artwork mais plutôt à la dimension de police de caractères pour les paroles. Elles sont relativement petites et c'est assez fatiguant car il faut de la concentration pour bien les lire. Voici donc le petit reproche que je ferai au niveau du packaging. Sinon à part ça, vraiment, c'est bien présenté, et il y a de l'originalité qui change par rapport à celles en noir et blanc à moitié stériles qu'on peut trouver régulièrement.
Après, ce qui m'a beaucoup plus c'est la production. J'ai trouvé que le son de cet album était puissant, je ne vais pas faire de la lèche parce qu'ils sont de Bordeaux, car quand je trouve ça à chier, je le dis, donc pas de langue de bois. C'est vrai que le son de cet album en comparaison avec ce que j'avais écouté d' Asmodée sur les premières démos, ça n'a absolument rien à voir, c'est l'opposé. Je n'ai pas eu la sensation d'une production cinglante comme il y a souvent dans le black metal, crade et suraigüe, non ici justement c'est bien foutu, alors ce n'est pas Dimmu Borgir, je veux dire on n'a pas l'artillerie lourde, mais on sent qu'il y a du boulot derrière. Rien que la basse (oui j'en reviens encore à elle) est claire comme de l'eau de roche, les guitares se laissent glisser et la batterie offre une puissance colossale. Vraiment encore un bon point.
Ensuite venons-en aux chansons elles-mêmes. Comme je le disais, je n'ai pas décortiqué encore en détail les productions précédentes, ce qui ne saurait tarder et vous aurez droit à des petites chros de « bibi », pour les autres productions qui n'auraient pas encore été rédigées sur nos pages...
Musicalement Asmodée joue dans un registre black metal au départ, un black metal très technique, très rapide et assez brutal malgré tout, même si les mélodies sont bien là. Ce ne sont pas des mélodies de mijaurée mais des mélodies glaciales et dérangeantes. Bon alors pour vous situer, on n'est pas chez Dimmu Borgir, ici c'est pas du sympho, on n'est pas chez Darkthrone, c'est pas du primaire, on n'est pas chez Marduk, c'est pas si brutal, mais on serait plus proche d'Emperor, si on voulait donner des étiquettes. Je dis proche parce que c'est assez difficile de décrire exactement la musique d'Asmodée.
C'est très sombre, très noir et très malsain. Mais à côté de tout cela, il y a un côté très recherché et énormément avantgardiste.
Lorsqu'on écoute « Aux chambres d'oubli », la profondeur de leur black metal vous saute tout de suite à la gorge, mais les changements de tempo sèment le doute dans nos esprits. On entend la brutalité, même la voix de Thomas change de variante pour ne pas souffrir de linéarité. La musique d'Asmodée apporte une noirceur technique dans les riffs sur un fond de black metal ultra rapide et malsain. C'est cette technique qui fait qu'on a là le Atheist du black metal wagnerien. Oui c'est bien cela, des titres comme « Langalore/ House of noise » me font penser aux walkyries façon black metal, du grand art. Le fait d'y avoir collé des paroles en français sur pas mal de morceaux de l'album ne fait qu'accroitre la poésie malsaine de « Chlorosis ».
Mais comme je le disais plus haut, c'est surtout un black metal avantgardiste, très expérimental, qui s'aventure un petit peu vers des contrées black/death, comme on a pu le découvrir sur « Fractale » qui offre peut-être plus de mélodie que les autres dans le gros segment du milieu de la chanson. Le thème principal se laisse enregistrer sans problème. Indubitablement ce morceau reste un des meilleurs de l'album avec «The caïnist » (très death mid-tempo et étrange à la fois) et « Black Drop Journey » (un diamant pur de black metal).
Après neuf titres, l'album se termine sur un morceau aux allures d'electro bien sombre encore une fois, un genre de musique rituelle industrielle, avec des claviers planants sur des guitares en retrait et une batterie dans le genre d'un Mysticum Beheritien.
Pour finir, je dirai que « Chlorosis » est un album de grande qualité, que les spécialistes et amateurs d'un black metal bien pensé, avec un juste équilibre de technique, brutalité, rapidité et mélodie et surtout curieux d'expérimentations audacieuses en fasse leur « quatre-heures » pour les gouters de l'année 2009 car je le recommande chaudement vous ne serez pas déçus.

Arzhu Decibels Storm - avril 2009
retour | accueil | chroniques d’albums