home albums videos live reports interviews concerts liens contact

Chronique et review de l’album Symptômes de Ruine de Asmodée.

Asmodée

"Symptômes de Ruine"

(sacral productions -- 2002)

pochette de l’album Symptômes de Ruine de Asmodéeimage élargie - pochette de l’album
Asmodée - "Symptômes de Ruine"
Mais qu'est-ce qu'il est dur, cet album, très dur...
Je n'ai pas pris Asmodée, dans l'ordre chronologique, alors évidemment lorsqu'on écoute le superbe « Chlorosis » et qu'ensuite on passe à « Symptômes de ruine », la différence est là.
Mais il ne vaut mieux pas comparer avec « Chlorosis » car forcément il lui est inférieur en tous points et il serait désavantageux pour cet album d'être comparé. Donc, faisons-fi de cette évolution et prenons l'album comme si nous étions en 2002.
Sacral productions, propose ici, le n° 2 de sa série noire. Asmodée, sort donc son premier album et comme pour tout groupe qui se respecte, c'est une étape importante dans la vie de celui-ci.
« Symptômes de ruines » ne va pas chercher dans la singularité ou l'originalité dans sa pochette et son artwork. En effet on est aussi chez Sacral productions, donc pochette noire, et tout le reste pareil. Je n'aime pas cette pochette, je la trouve laide, tout simplement. En revanche, elle a un aspect malgré tout plutôt glauque, cette sculpture apporte un côté mystérieux et dérangeant, un peu stellaire même je dirai, et très années 70's; Pourquoi ? Je ne sais pas, sans doute la forme des yeux qui est très kitch. La laideur est de toute façon une appréciation subjective, donc n'y voyez ici qu'un avis personnel.
Effort considérable pour ce premier album, c'est qu'en plus d'avoir mis les paroles qui sont en français, on a droit à la traduction anglaise de celles-ci.
La production n'est pas extraordinaire, elle reste correcte, la basse est bien mise en avant, et c'est très bien car je ne le dirai jamais assez la basse chez Asmodée, c'est le must du must. Le son global est un petit peu trop aigu pour mon goût mais c'est le propre de la plupart des groupes de black metal, les instruments s'entendant clairement, on profite malgré tout pleinement d'un album qui ne souffre pas d'une mauvaise production.
Maintenant c'est musicalement que l'accroche de cet album est totalement difficile, il ne faut absolument pas avoir d'idées préconçues car c'est ici qu'Asmodee se détache de toute famille, de toute étiquette, de toute relation pouvant les rapprocher de telle ou telle formation.
Cet album offre une musique black qui domine tous les morceaux et surplombe l'ensemble de l'opus, mais c'est peut-être tellement brutal et complexe par moment qu'on s'égare littéralement dans des méandres d'une folie tortueuse,à en perdre le fil de la chanson. C'est une impression pas très plaisante, qui brouille l'auditeur et ne lui permet pas de d'apprécier les morceaux sans doute comme leurs compositeurs l'auraient voulu.
La voix de Thomas est très torturée, d'un style black dépressif, hurlé à percer les tympans, nettement plus déchirée que sur « Chlorosis ». J'ai eu un peu peur au début de l'album sur « premier rêve », même si j'aime la basse d'Asmodée, le son et ce commencement de chanson m'ont laissé un mauvais goût dans la bouche. Le titre est plein de petites choses, d'ambiances qui sont vraiment dures à avaler au premier coup. C'est vrai que ça passe un peu mieux après pas mal d'écoutes, mais même les claviers surviennent comme des passages schizophrènes qu'on n'attend pas du tout. C'est un peu un « ready made » d'art plastique mais façon musique. Les morceaux comme « Escadrons » se recadrent beaucoup plus dans un registre black metal « traditionnel » si tant est qu'Asmodée peut l'être. Les chansons de l'album laissent peu de place au répit, la rapidité et de mise avec la complexité et l'agressivité.
Malgré tout « Embryon » nous donne un peu de tranquillité sur le début du morceau au piano, suivi d'une rythmique morbide, tant aux guitares que sur la suite du piano et « Hurlements », s'apprécie nettement plus après. D'ailleurs « Hurlements » est la chanson la plus mélodique de l'album, un black metal rapide mais avec une mélodie qui se laisse deviner et qui survole au-dessus de la violence du morceau, splendeur et noirceur sont au rendez-vous. Le meilleur titre de l'album indubitablement.
La deuxième partie de l'album m'aura plus satisfait que la première, car si au début j'étais pas mal perdu en cherchant les lignes principales de morceaux, maintenant l'album me semble plus apprivoisé et plus docile. « Le passager » ou « Les seigneurs du solstice », s'imprègneront d'un peu de death pour le premier et de black norvégien pour le second. Il y a un titre qui correspond effectivement à la pochette de l'album c'est « No aim Vs came », ce titre est intemporel, il ne s'agit pas d'un morceau comme les autres puisque c'est un instrumental fait de claviers intergalactiques qui radoucissent l'oreille en cette fin d'album comme pour annoncer que c'était terminé. Je dirai que « Symptômes de ruine » est beaucoup plus accessible dans sa deuxième partie et qu'à partir de là, le groupe qui s'est fait plaisir dans un délire black personnel au début, donne à l'auditeur ce pour quoi il est venu jusqu'à Asmodée. Du black metal complexe brutal, personnel. Mais il faut faire attention car parfois à trop vouloir aller dans la difficulté on en perd le but principal. Cet album est à deux vitesses, et même si j'apprécie comme je le dis depuis quelques lignes son côté original, le style d'Asmodée, en tous les cas à la sortie de cet album, peut parfois être une barrière à l'ouverture vers un public propre.

Arzhu Decibels Storm - mai 2009
retour | accueil | chroniques d’albums