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Peu
de disques se seront pris autant de seaux de merde sur la tête
que le précédent opus des Parisiens. C'était très exagéré. Ceci
dit, il faut bien admettre qu'écouter en entier une de leurs
productions n'est jamais chose facile, et celui-ci ne fera pas
exception à la règle. On est clairement aux frontières du bruit.
Mais une solide technique et une production excellente permettent
au groupe de demeurer dans le champ de la musique. Une fois
ces préalables posés, on peut tenter de disserter un peu sur
l'objet. Tout d'abord, il est noir. Je ne parle pas de la pochette,
mais bien du rendu musical. Arkhon Infaustus livre ici des morceaux
d'un pessimisme rarement entendu. Tout n'y est qu'avilissement,
crachat et ordure.
"Tu la sens ma grosse haine, dis, tu la sens ?"
"Oui, oui, très bien..."
Ensuite, et pour venir un peu contrebalancer mes propos liminaires,
il tient debout sans béquille d'aucune sorte. Je veux dire que
si ses 41 minutes sont éprouvantes, chaque morceau, pris individuellement,
est structuré, logique et, j'ose le dire, non dénué d'une certaine
fluidité (le mot "certaine" a ici toute son importance !!!).
L'excellence du batteur n'y est évidemment pas pour rien, parvenant
à soutenir l'ensemble et à le lier in extremis, lorsque tous
les sons semblent vouloir se désarticuler et mener leur vie
de célibataire.
Au final, le but est plus qu'atteint puisque ce disque terrorise,
salit et corrompt.
Alors, il ne s'agit certes pas de l'oeuvre la plus fine de l'année
et on objectera avec raison qu'il est plus facile de bien faire
dans le registre du bourrinage que dans celui de la quête mystique.
A cette nuance près qu'ici, l'ambiance est présente. Et il n'est
pas contestable qu'avec ce genre de produit, la France se place
une fois encore très nettement parmi les pays qui comptent en
matière d'extrêmisme musical, sans aucun complexe vis à vis
de ce qui se fait ailleurs.
Allons z'enfants.... |