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ARKHON INFAUSTUS "Perdition Insanabilis"
(osmose production - 2004)
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Peu de disques se seront pris autant de seaux de merde sur la tête que le précédent opus des Parisiens. C'était très exagéré. Ceci dit, il faut bien admettre qu'écouter en entier une de leurs productions n'est jamais chose facile, et celui-ci ne fera pas exception à la règle. On est clairement aux frontières du bruit. Mais une solide technique et une production excellente permettent au groupe de demeurer dans le champ de la musique. Une fois ces préalables posés, on peut tenter de disserter un peu sur l'objet. Tout d'abord, il est noir. Je ne parle pas de la pochette, mais bien du rendu musical. Arkhon Infaustus livre ici des morceaux d'un pessimisme rarement entendu. Tout n'y est qu'avilissement, crachat et ordure.
"Tu la sens ma grosse haine, dis, tu la sens ?"
"Oui, oui, très bien..."
Ensuite, et pour venir un peu contrebalancer mes propos liminaires, il tient debout sans béquille d'aucune sorte. Je veux dire que si ses 41 minutes sont éprouvantes, chaque morceau, pris individuellement, est structuré, logique et, j'ose le dire, non dénué d'une certaine fluidité (le mot "certaine" a ici toute son importance !!!). L'excellence du batteur n'y est évidemment pas pour rien, parvenant à soutenir l'ensemble et à le lier in extremis, lorsque tous les sons semblent vouloir se désarticuler et mener leur vie de célibataire.
Au final, le but est plus qu'atteint puisque ce disque terrorise, salit et corrompt.
Alors, il ne s'agit certes pas de l'oeuvre la plus fine de l'année et on objectera avec raison qu'il est plus facile de bien faire dans le registre du bourrinage que dans celui de la quête mystique. A cette nuance près qu'ici, l'ambiance est présente. Et il n'est pas contestable qu'avec ce genre de produit, la France se place une fois encore très nettement parmi les pays qui comptent en matière d'extrêmisme musical, sans aucun complexe vis à vis de ce qui se fait ailleurs.
Allons z'enfants....
 
Alexis Kieffer
Decibels Storm - octobre 2004