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Chronique et review de l’album The Gothenburg Post Scriptum de Another Perfect Day.

Another Perfect Day

"The Gothenburg Post Scriptum"

(supreme chaos records - 2010)

pochette de l’album The Gothenburg Post Scriptum de Another Perfect Dayimage élargie – pochette de l’album
Another Perfect Day - "The Gothenburg Post Scriptum"
Une seconde... Je remonte de ma chaise, vu que je suis tombé sur le cul...
Another Perfect Day n'est pas ici le titre d'un album de Motorhead, et ce n'est pas un groupe, c'est simplement un projet solo. Un projet solo de Kristian « Kohle » Kohlmannslehner, connu pour le « Kohlekeller studio » où sont passés Crematory, Flowing Tears, Benighted entres autres et bien entendu les excellents The Oath.
Ce qui est assez étrange c'est le fait que ce projet avait vu le jour en 1993, d'ailleurs cela s'en ressent effectivement. Oui et c'est vrai que si le premier album s'est vu avorté, tué dans l'oeuf avant d'avoir connu le monde, on pouvait y voir une mixture entre le death metal de Göteborg de l'époque et la vague death doom anglais de la même période.
Mais c'était sans compter sur son créateur Mr Kohle, qui a tenu bon et ses activités extra-professionnelles en tant que producteur ont été mises à profit puisque finalement il est revenu avec ce projet, comme un soldat oublié qui a survécu à toutes les guerres, et qui rentre en héros sur sa terre natale.
Comme l'indique le titre, c'est bel et bien le post scriptum de Göteborg. Du death metal mélodique agrémenté de sauce death/doom et surtout de groove, beaucoup de groove.
Ce groove est accentué par la présence de guest vocaux qui nous obligent à nous courber pour saluer leur prestation. On parle de Sascha Schiller (Solar Fragment), du grand Dan Swanö (Edge Of Sanity, Nightingale), de Karsten Jagër (Disbelief) ou encore Arno Menses (Sieges Even). Kristian K, se chargeant de tout le reste.
Immédiatement on plonge dans un album pluri-dimensionnel qui procure à l'auditeur quelque chose de sacré, les chansons sont puissantes, avec des voix énormissimes, tant dans les claires que dans le guttural. Vous rappelez-vous ceux de Alastis sur « And death smiled... » ? Cette acidité dans la voix, ici c'est un peu ça.
Another Perfect Day, est l'album qui devait montrer à tous, ce qu'était le death metal mélodique, entre des passages à la Edge Of Sanity, Opeth, Desultory, Alastis, avec tout ce que le maître des lieux ici peut apporter de personnel. On est écartelé entre les émotions qui pleuvent comme un déluge sur les quasi cinquante minutes de ce véritable chef-d’œuvre. Car c'est un album touché par la grâce divine que Mr K a écrit, chaque note, chaque chanson est enivrante et complète.
Alors bien sûr, vu comment il se débrouille déjà avec les autres groupes, il est évident que la production suit la qualité des compositions.
On traverse de bonnes vibrations rock avec « The ghost she slept beside me », qui conservent tout de même l'essentiel qui était mis en avant sur un tel album: une volonté de présenter quelque chose de très personnel dans le death mélodique.
Ce post scriptum est utile à la musique de la scène suédoise, c'est un peu un rajout qu'on aurait oublié et placé en dernier pour dire que l'ensemble de ce que propose ce mouvement musical se situe dans telle ou telle limite, mais avec ce complément indispensable. Petit écrou insignifiant qu'est cet album, il n'en demeure pas moins important. Avec ces passages très mélancoliques de « Until you bleed », toujours sur fond de death metal à la manière d'Opeth, insérant quand même des idées progressives avec cette beauté presque doomisante, triste et profonde de « The Great Nothing », Another Perfect Day est un album culte.
C'est un cd composé de neuf titres qui font bouger des montagnes, quand on parle de groupes comme Karnivool, Tool, « The Great Nothing » est construit dans ce genre de moule.
Les chansons sont vraiment distinctes sur un tel album, elles sont pourtant liées mais on ressent bien le besoin de les différencier pour qu'elles aient leur propre atmosphère.
Impossible de prendre à la légère ce type d'album, il faut indubitablement plusieurs écoutes pour en savourer toute les perfections. Plus on avance dans l'album, plus les chansons se veulent progressives. Mais c'est la mélancolie qui l'emporte comme sentiment. Jusqu'au dernier morceau « Composition in black » qui nous ramène quelques années en arrière, avec des harmonies de guitares d'une tristesse infinie. C'est sur un tel morceau que se ressent le plus l'esprit doom de Kristian K. Des sensations que l'on n'avait pas ressenties depuis longtemps.Il est à noter tout de même que ce titre a été enregistré en 1997 !!!
Finalement c'est un album plus ou moins intemporel qui se profile ici, avec une maturité et une humilité supérieure à beaucoup de monde.
Ce n'est pas donné à tout le monde d'être aussi performant tant dans la production que dans l'écriture et l'interprétation, car tout est écrit par un seul homme, enregistré, mixé, masterisé durant quatre années entre 2005 et 2009. Alors pour être certain du talent de cet homme, « The Gothenburg Post Scriptum » est le meilleur moyen de s'en persuader et je vous garantis que le résultat est à la hauteur de vos espérances...

Arzhu Decibels Storm - mars 2011
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