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ANATHEMA "Judgement"
(music for nations -- 1999)
ANATHEMA - Judgement - cliquez pour agrandir l'image.
C'est quand qu'Anathema aura un un artwork correct ? Non, parce que là, ça confine au pourri... Ajoutez un digipack en carton de merde... Petit coup de gueule en passant.
Passons au contenu.
Cet album représente, évidemment, un nouveau pas vers l'abandon total de l'idiome métallique. Place à une musique de plus en plus rock, floydienne. Les titres sont tous très agréables. Mmmm... Agréable : est-ce vraiment un compliment ? N'y-a-t-il pas là-dessous un sentiment de déception qui ne veut dire son nom ? Un regret que le groupe n'ait pas su, contrairement à Paradise Lost, vivre avec son temps ? Que les changements qu'il s'impose n'aillent pas systématiquement dans le sens du progrès, au sens historique du terme ? Le fait est là : ces 14 titres de rock mélancolique fonctionnent excellemment, mais n'apportent strictement rien aux débats, contrairement à ce qui s'était passé sur "Alternative 4". Ici, tout est très lisse, très élégant... très écoutable. Je ne parlerai pas de rock FM mais le fait est que ces titres pourraient passer en radio entre un Radiohead et un Massive Attack... Parfois, ça tourne même carrément à vide comme sur "Make it right" et ses claviers complaisants. L'interlude "Parisienne moonlight" et son chant féminin vient ranimer la flamme. La chanson titre et celle qui la suit s'en sortent bien. Arrive ensuite "Emotional winter", qui ressemble à une chute des sessions d'enregistrement de "Division Bell" de Pink Floyd. C'est ensuite dans "The Wall" que tape la petite bande avec "Wings of god". Ceci dit, le feeling est là et ce n'est déjà pas mal. "Anyone, anywhere" vient largement réhausser la barre avec sa simplissime mais belle mélodie acoustique, bien secondée par Vincent Cavannagh, qui, sur ce disque chante remarquablement, le problème n'est pas là. La seconde moitié du titre voit l'arrivée de la saturation, et, sans mauvais jeu de mot, le courant passe bien, même si on pense beaucoup aux Who de "Quadrophenia". Les deux derniers morceaux sont clairement en trop et font qu'Anathema tombe dans un travers que l'on ne pensait vraiment pas fait pour eux : l'anecdocte. Album frustrant, fin décevante... "Shit, it rains..."
 
Alexis Kieffer
Decibels Storm - mai 2007