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ANATHEMA "Eternity"
(peaceville -- 1996)
ANATHEMA - Eternity - cliquez pour agrandir l'image.
Ah ces pianos, cette guitare qui traîne, mais, dites-moi, ça sent quelque chose de bien connu... Ah ben oui, Pink Floyd ! Lâchons le gros mot tout de suite : "Eternity" est floydien jusqu'au bout des ongles. Et mélancolique avec ça... Tout ceci est vraiment très voyant, mais c'est quand même bien beau ma bonne dame ! Cette intro d'"Angelica" n'est-elle pas surnaturelle ? D'ailleurs en règle générale, les intros ont bénéficié d'un soin très méticuleux, qu'elles soient délicates ou rageuses comme c'est le cas sur "The beloved" où ce mélange acoustique et électrique annonce d'ailleurs l'album "A fine day to exit". Sur le plan sonore, l'aspect "bloc" de "The silent enigma" est encore d'actualité, même si, mélancolie oblige, des passages de claviers et des guitares acides viennent souvent soustraire l'ensemble de ses soubassements telluriques. Vincent Cavannagh livre quant à lui une performance tout à fait respectable surtout dans le registre rageur qui lui va décidément très bien (cf le titre "Eternity part.I"). Passons sur la reprise du titre "Hope" de David Gilmour, tellement emblématique des nouvelles dispositions du groupe. Et venons en au titre "Suicide veil", si disparate. On y trouve à la fois un pathos trop outrancier, avec force claviers et guitares acoustiques et puis d'un autre côté, ici encore, des gueulantes du plus bel effet. Etrange morceau. "Radiance" reprend à peu de choses près la recette de l'album précédent, mais avec un petit quelque chose en moins, ce qui confirme que ledit album était unique. "Far away" recommence quant à lui à en faire trop dans le registre dépressif, et est heureusement sauvé par une séquence instrumentale finale orageuse et admirable (mais toutefois totalement piquée à Pink Floyd). "Cries on the winds" marque le salut volatile d'un copain que l'on croyait défnitivement évanoui : le doom. Ah, ce n'est certes pas du Cathedral, mais c'est quand même bien heavy, jusqu'à cependant un final plus rock que metal qui n'est pas sans annoncer "Alternative 4". Le dernier titre "Ascension" est un brillant instrumental, fondamentalement optimiste et fonceur. "Eternity" est de ces albums auxquels il est difficile de formuler un réel reproche, si ce n'est un exhibitionnisme triste un peu trop ostensible, mais auquel l'adhésion inconditionnelle n'est pas aisée tant il réunit les traits de que l'on nomme commodément "un disque de transition".
 
Alexis Kieffer
Decibels Storm - mai 2007