 |
Anaal Nathrakh, ça n'a jamais été que du black metal. Et ce disque en est une preuve de plus. On trouve là dedans du grindcore, du brutal death épique façon Anata, toujours des relents indus et pourtant, des titres qui comme un miracle tiennent debout malgré l'étonnante concentration de décharges énergétiques qui les secouent. Ce disque étonne plusieurs fois, comme par exemple, lorsqu'un chant clair à peu près contenu dans les limites de la décence se pointe au beau milieu d'un ouragan ou lorsque des solos de guitares purement metal viennent éclaircir un horizon totalement plombé. Et aussi, de la première à la dernière seconde, par l'usage génial d'une boîte à rythme qui pas une seule fois ne tombe dans les errances du systématisme qui trop souvent rend son usage inconvenant. Ce disque, il est vrai peu long (37 minutes et quelques), passe de toute façon à une vitesse supersonique car aucune longueur ni aucune maladresse ne viennent le plomber, le groupe parvenant à maintenir en permanence l'intérêt par l'utilisation des recettes variées précédemment citées, auxquelles on peut ajouter quelques chorus de guitare au goût scandinave prononcé, certes cachés derrière un torrent sonore, mais qui permettent ici encore de donner à l'oeuvre une saveur particulière. Ou encore ces ruptures hardcore de "The Necrogeddon". Anaal Natrakh sont décidément, avec leurs camarades de label Solefald, les champions de la fusion extrême, les Faith No More de l'Art Noir. |