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Véritable concept-album sur la Grèce antique, ce « Sumphokeras » est un véritable ovni métallique en ces temps, rudes et pervers, de standardisation hâtive et de calibrage outrancier. A vrai dire, rien que le style dans lequel il évolue lui confère une liberté artistique bienvenue.
Cette base doom, progressive et symphonique, mâtinée d’embardées death mid-tempo et complétées par une approche propre à la musique classique en est le plus bel exemple. Quoi de plus approprié pour servir ce concept éclairé relatant les pérégrinations du demi-dieu Ephapsaménée dans le monde moderne de Sumphokeras ?
A ce sujet, je vous laisse découvrir celui-ci de manière plus profonde en découvrant les textes qui y sont relatifs. Ceux-ci ont été écrits par l’un des membres du groupe, Mathieu, et sont véritablement nourris d’une passion sans limites pour cette période faste de notre civilisation.
Revenons à la musique, celle-ci évoque, à n’en point douter, l’époque magique et révolue des Therion et autre Septic Flesh. Formations uniques, qui ont su, l’une comme l’autre, transcender les standards étriqués du doom/death pour les magnifier à l’aide de parties inspirées par la musique classique notamment. Cet héritage stylistique, Amphitryon se le réapproprie avec classe, en lui conférant une aura mystique, qui pointe au divin, qui touche au sacré. Les chœurs et voix féminines se croisent en permanence, comme autant de nobles duels épiques. Celles-ci sont soutenues par les growls, un peu trop poussés dans les graves à mon goût, du vocaliste attitré. Le contraste qui s’en dégage est parfaitement saisissant, d’autant plus qu’il se marie parfaitement au style évoqué précedemment. La section rythmique, quant à elle, appuie cette débauche de créativité avec un certain doigté, l’enchaînement « Archeia » - « Theocracy » en est d’ailleurs la parfaite illustration.
Enivrante et originale, cette œuvre réconcilie métal extrême et parties atmosphériques envoûtantes, marie avec brio sonorités ethniques et influences profondément organiques. Le seul (petit) reproche que je serais tenté de formuler à l’égard d’Amphitryon concernerait la production.
Loin d’être mauvais, le son des guitares est quelque peu ténu par rapport au reste des instruments, la batterie manquant elle aussi de profondeur pour toucher sa cible en plein de mille.
Mais ne me faites pas dire ce que je n’oserai envisager ! Perfectible, certes, ce premier album l’est. Mais il n’en demeure pas moins une solide introduction au monde merveilleux et onirique d’Amphitryon.
Résolument en dehors des modes boutonneuses et autres tendances grandguignolesques, « Sumphokeras » affiche sans ambages une identité forte et un concept fort audacieux. Il y a fort à parier que ces nordistes marquent durablement les consciences métalliques si leur deuxième galette est à la hauteur des attentes fondées sur la richesse de la première.
Vous souhaitez en savoir plus sur le concept développé par ces dignes héritiers de Platon et Aristote ? Allez donc jeter un œil sur www.amphitryon-music.com. |