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Waou ! En voilà qui font VRAIMENT plaisir à entendre ! Quel déferlement d'immondices, quels jets putrides, quelles attaques fétides ! Amok, Norvégiens de leur état, jouent une espèce de death-metal haché menu, craché par saccades purulentes sur un rythme up-mid-tempo punkisant. Le son est à couper au couteau, avec notamment des guitares façon enclume rouillée et une batterie aux échos blafards mais tribaux. Et puis, il y a une espèce de rampant nuisible dénommé Necrocum qui éjacule ces vocaux avec une rare indécence et une constance étonnante. On se croirait revenu au temps de Cerebral Fix, lorsque punk, death, grindcore et tous les autres cores copulaient joyeusement pour enfanter un spectacle dégradant jeté de façon salace au visage de la pauvre populace incrédule. Ce disque pousse l'archaïsme dans ses retranchements les plus malsains, et tout ceci avec une rectitude et une raideur à faire passer Totenmond pour les Red Hot Chili Peppers ! Tout n'est ici qu'application dans le blasphème, la menace, la rébellion et l'insulte. Mais le putain de coup de génie de sa mère qui déchire tout, c'est ce dernier quart d'heure, ces trois derniers titres (qui sont les trois mouvements d'un morceau dénommé "Goatflesh Removal") au cours desquels Amok ralentit le tempo et se lance dans une sorte de concurrence inattendue à l'endroit de tout ce qui se fait de plus corrosif, marchant avec jouissance sur les plates-bandes d'aliénés tels que Void, Choronzon ou Red Harvest. Je n'avais rien entendu d'aussi abrasif depuis longtemps. Voilà, en à peine plus d'une demi-heure, Amok vient de plier son sujet et de donner à l'auditeur l'une de ces claques qui brûlent encore la joue le lendemain et le surlendemain. En tant que de besoin, je signale les interventions invitées de Hoest (Taake) ou Malfeitor Fabban (Aborym). Comme ça, pour situer la chose encore un peu plus. |