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Si
l'on peut contester la reddition à la mode de l'album sans nom
lancée par Metallica en 1991, il faut bien constater qu'une
fois encore ce disque d'Alice In Chains est d'une qualité telle
que cette simili critique est bien la seule que l'on puisse
formuler. Doté d'un visuel dédié aux freaks de toutes natures,
cette somme de 12 morceaux n'en constitue pas moins, musicalement,
une ouverture vers quelque chose de moins abruptement heavy.
Certes, l'album débute par un titre, "Grind", qui est peut-être
ce que le groupe a composé de plus lourd et de plus tranchant.
Mais la suite est plus nuancée, avec des accents bluesy et des
passages acoustiques, qui, en définitive, cadrent parfaitement
avec l'aspect dépressif du groupe. Comme quoi, on n'en sort
pas. Par exemple, un morceau comme "Heaven beside you", à dominante
acoustique, constitue un angoissant hall d'exposition des doutes
métaphysiques qui semblent accabler Layne Staley en permanence
et sur lesquels Jerry Cantrell, même avec la meilleure volonté
du monde, ne parvient pas à jeter de voile suffisamment opaque.
Ces deux là font décidement une paire d'artistes de haute volée.
On s'appesantira encore sur le splendide avant dernier morceau,
"Frogs", d'une tristesse que seule la beauté peut égaler. Le
dernier morceau débute quant à lui par la sonnerie aux morts
de l'armée américaine…
Certaines des paroles de cet album offrent aujourd'hui une étrange
résonnance : "In the darkest hole, you'd be well advised
not to plan my funeral before the body dies". Ce jour est
hélas arrivé. |