

Alghazanth - "Wrath of Thevetat"
Voici le cinquième album de ces Finlandais qui, s'ils ne figurent pas, et ne figureront sans doute jamais, dans le peloton de tête de la scène black, peuvent légitimement s'enorgueillir de lui fournir périodiquement des productions honorables. Ce disque s'inscrit parfaitement dans cette qualité habituelle et, disons-le, à peu près moyenne. La particularité du groupe est d'inclure dans son black de facture classique des claviers de toutes sortes (piano, violons, orchestre) qui ont pour vocation d'épaissir une sauce bien claire à l'origine. Voilà pour la texture. Et le goût ? En cette matière, le constat est nettement plus mitigé puisqu'Alghazanth ne parvient jamais véritablement à dépasser le minimum syndical de l'honnête besogneux mélodique, dont le curseur se pose parfois du côté de Dimmu Borgir (morceaux rapides) et parfois vers Moonspell (mid-tempos, cf. le deuxième titre). Le modèle recherché est clairement Obtained Enslavement, mais on est loin. On piste en vain la moindre once de venin, et si l'ensemble est rondement mené en terme de rendu, la sous-couche s'effrite cependant rapidement par la faute d'une ambiance constamment en demi-teinte, Alghazanth ne sachant faire parler ni la foudre ni la borée. Car même lorsqu'il démarre un morceau avec de bonnes intentions (cf. le 5ème titre), il faut qu'il vienne l'alourdir avec des claviers et des velléités mélodiques sans finesse. Les morceaux rapides ne terrorisent pas et les mid-tempos ennuient. Et pourtant, il y a un septième titre, rampant, visqueux, doté d'ailleurs d'une production beaucoup plus pâteuse, et qui, lui, réussit un bel exercice épique dans une ambiance antique de la plus belle espèce. Etonnant : si tout l'album avait été de cette trempe, je vous garantis que ma chronique aurait été faite d'un tout autre bois (de celui dont on fait les pipes !). A la limite, le huitième et dernier morceau n'est pas mal non plus. Mais le reste limite son offre à une technique bien maîtrisée, une production solide (on est chez Woodcut records) et un chant séduisant. Pas suffisant pour prendre date dans ce genre si exigeant, où il n'existe pas d'autres choix que de réciter les codes avec ferveur ou de les exploser. Algazanth ne fait (presque jamais) ni l'un ni l'autre.