

Alcest - "Souvenirs d'un autre monde"
Alcest, groupe français, est l'oeuvre musicale d'une personne dont le pseudonyme est Neige. Je ne connaissais absolument pas Alcest avant cet album. Ses premières productions, qui étaient du black metal bien recherché dans l'underground semble-t-il , sont sorties en 2001 pour la démo « Tristesse Hivernale » et en 2005 pour le EP « Le secret » .Je n'en parlerai pas car je ne les ai jamais écoutés, mes lacunes relatives à ce groupe étant assez grandes.
Toujours est-il que vraisemblablement, Alcest a lâché cette scène black metal pour se tourner vers une musique beaucoup plus douce.
« Souvenirs d'un autre monde » n'a rien de Metal en soit, si ce n'est qu'il est sorti chez Prophecy Productions et que les guitares électriques sont saturées comme celles que l'on peut entendre chez la plupart des groupes de black avec un son typiquement crade dans les aigus.
Mais musicalement, Alcest offre de la tristesse, de la douceur, de la mélancolie, de la nostalgie, du spleen, de l'espoir, de la neige, l'automne, l'enfance, le passé, les souvenirs... une mémoire blessée, un déchirement, la beauté, la peine, la souffrance peut-être ? Et tout cela en un album et seulement six chansons.
Tout d'abord parlons de ce digipak ; et oui, rien de tel qu'une production en digipak pour faire la différence avec des versions standard fades et mornes. On découvre un digipak qui s'ouvre des deux côtés par rapport au support de rangement du cd. Je le précise car il y en a qui sont champions pour faire des digipaks où le cd est soit tout à droite ou tout à gauche et on déroule tout le reste en 4 ou 5 volets avant de pouvoir sortir le cd, c'est chiant.
Donc, je disais, un digipak propre, contenant des photos de nature, mais aussi des paroles en français emplies de poésie. La front cover, teintée de vert avec cet enfant qui semble faire de la flûte, est vraiment très représentative du contenu des chansons de l'album.
Ensuite, les titres sont aussi plein de poésie comme « Printemps émeraude », « Souvenirs d'un autre monde » ou autre « Sur l'autre rive je t'attendrai ».
On a droit au total à environ 41 minutes, ce qui est raisonnable pour un album de six titres.
« Printemps émeraude » donne un avant-goût de ce que sera l'album (en même temps, c'est normal, c'est la première chanson... hum...). Les guitares, comme je le disais tout à l'heure, sont saturées façon black metal, mais elles sont lentes, mélodieuse, voire pop parfois.
C'est bizarre, unique et innovateur comme sensation. Je n'ai pas encore entendu (peut-être qu'il en existe) de groupes présentant cette approche musicale.
Alors beaucoup diront que ça ne vaut pas grand' chose, que c'était mieux avant, que c'est pour les gonzesses, que c'est du « shoegaze ». Mouais, les étiquettes, ça vaut ce que ça vaut, et heureusement, on est encore en démocratie, les avis diffèrent et c'est tant mieux.
Je ne pense pas que l'on puisse mettre une étiquette à Alcest. C'est vrai que les séquelles du black metal sont bien présentes, on ne renie pas ses origines, mais je le redis ce n'est absolument pas du black metal. C'est un mix entre l'approche de ce style de musique avec une voix éloignée d'une innocence et d'une douceur exacerbées, avec une ligne musicale simple et automnale.
Ensuite, la chanson « Souvenirs d'un autre Monde », qui est celle qui avait été présentée en premier sur le Myspace, reste « la » chanson de l'album, celle qui offre la magnificence d'Alcest; c'est cette somptuosité, cette sombre majesté qui fait la grandeur d'Alcest.
« Les Iris » est celle qui se rapproche encore et toujours du black metal, dans son accélération tant sur les guitares que sur la batterie, avec ce paradoxe de la voix et de la mélodie qui elles, sont très lentes au contraire. Cet effet de style s'ingurgite très bien.
« Ciel errant » est beaucoup plus « peace and love » ; c'est vrai que là j'ai eu l'impression d'aller cueillir des champignons ou ramasser des châtaignes un matin d'automne autour d'une famille épanouie, pour ensuite pique-niquer dans l'herbe un après-midi ensoleillé.
« Sur l'autre rive je t'attendrai » s'offre les services de Audrey Sylvain en guest vocals, et qui officie aussi chez Amesoeurs, avec Neige également si ma copie est bonne. Et on termine avec « Tir Nan Org » qui, comme son nom l'indique, doit être tiré de la mythologie européenne, et plus particulièrement irlandaise, et qui concerne les Iles enchantées ou les Iles Bienheureuses situées dans les mers occidentales, au-delà du soleil du couchant. Parmi toutes ces îles sont présentes les Tir Nan Org (qui signifie approximativement « Pays de la jeunesse éternelle »), où tout n'est que féérie, magie, printemps éternel, pas de vieillesse ni maladie. C'est là-bas que les Tuatha de Danann sont allés se réfugier quand ils ont été vaincus par les Milésiens, à leur arrivée en Irlande.
Et là: « C'est quiiiiiiiii les Tuatha de Danann et les Milésiens ?... ».
Petit cours vite fait, les Tuatha de Danann (non pas le groupe de folk celtique) , ce sont les gens de la Tribu de la déesse Dana (non pas ceux qui sont « dans la valléee ho ho... la li lala »), c'étaient des dieux des quatre îles du nord du monde. C'est donc la dernière génération de dieux qui régnèrent sur l'Irlande avant l'invasion des fils de Milesius, donc les Milésiens.
Et par conséquent, les Milésiens sont des humains. Ils venaient de la Galicie, ont débarqué en Irlande, ont vaincu les Tuatha de Danann et se sont installés définitivement en Irlande en prenant Tara comme capitale.
Sur ce, fin du hors sujet et allez écouter Alcest, tout en vous renseignant sur la mythologie Irlandaise, non de non !!