Akroma est un nouveau venu sur la scène française et sort ici son premier album "Sept". C'est un peu un "all-star band" version française. Le groupe a été crée par Matthieu Morand, guitariste de Elvaron. Il s'est adjoint les services d'Alain Germonville au chant agressif (Darwin's Theory, ex-Scarve), de Nicolas Colnot à la basse (Elvaron), d'Adeline Gurtner aux vocaux féminins (ex-Akin, Resilience), de Julie Henau aux claviers (ex-Dying Tears, Interria).
Akroma évolue dans un heavy-black-sympho mélodique ressemblant, entres autres, à Cradle Of Filth, Anorexia Nervosa et Furia. Le chant en français rajoute de la classe à leur musique et le rapproche parfois de la sophistication d'un Misanthrope. Quelques touches progressives et la participation de musiciens du classique (basson, violon, violoncelle, hautbois, flûte) finissent de donner de l'ampleur à l'ensemble.
Le concept est basé sur les 7 péchés capitaux; il y a donc 7 morceaux reprenant le nom de chacun des péchés (Luxure, Orgueil, Colère, etc…). Plus fort, le groupe a recruté 7 guitaristes solistes français pour jouer sur chacun des morceaux ! Plus fort encore, chacune des 7 chansons dure… 7 minutes !!
Pour ce qui est des guitaristes :
"L'Orgueil" avec Thibaut Coisne de Syrens Call, "La Luxure" avec Nicolas Soulat de Outcast, "La Gourmandise" avec Alex Hilbert de Nightmare, "l’Envie" avec Benjamin Sertelon de Résilience et de lui-même, "l'Avarice" avec Pascal Lanquetin de Carcariass (à quand un nouvel album ??), "la Colère" avec Alexis Baudin de Mortuary, et "la Paresse" avec Bertrand Drecourt de Inner Chaos.
Ca fait un sacré casting, hein ?
Les morceaux sont dans l’ensemble tous très réussis. Malgré des variations de tempos, d’ambiances, et des structures alambiquées, on ne s’ennuie pas pendant ces 49 minutes.
Le travail vocal d'Adeline Gurtner est de toute beauté, elle semble n'avoir jamais chanté aussi bien. Son registre colle bien aux compositions.
Les solos de guitares ne sont jamais démonstratifs et les envolées mélodiques aux claviers ne sont jamais envahissantes. Les arrangements sont réussis, instruments « rock » et instruments classiques cohabitent avec harmonie. De nombreuses mélodies vont se loger dans votre cerveau et vous donneront envie d’appuyer à nouveau sur « play » une fois l’album terminé.
Tout n'est pas parfait bien sûr; quelques passages sont un peu longuets, une chanson ou 2 se terminent un peu abruptement pour faire 7 minutes précises, et certains passages rapides sont un peu insipides.
Malgré tout, pour un premier album, c’est très fort et particulièrement bon !
L'artwork est particulièrement réussi, enfin surtout l'intérieur du livret du CD, car la couverture, elle, n'a rien d'exceptionnelle. Matthieu Morand, instigateur du projet et compositeur unique, fait preuve de modestie, il ne se met pas particulièrement en avant. Au contraire, il met en avant les 7 guitaristes présents sur l'album.
La production est tout à fait correcte, le son est puissant et chaque instrument est parfaitement distinct.
On ne peut pas dire que jusqu'à présent Elvaron a déchaîné les passions en France… Avec un peu de chance, Akroma permettra à Matthieu Morand d'obtenir la reconnaissance qu'il mérite pour son travail.
Car franchement, ce "Sept", malgré quelques défauts de jeunesse, est une bien belle réussite.
A consommer… sans modération !