home albums videos live reports interviews concerts liens contact
 


AJATTARA "Tyhjyys"
(spinefarm - season of mist)
cliquez pour agrandir l'image
Inutile de présenter longuement ce groupe puisque chacun doit peu ou prou savoir qu'il s'agit de celui dans lequel évolue Pasi Koskinen, ex-Amorphis et avec lequel il a déjà sorti deux disques. Vouloir dire qu'Ajattara joue du black, de même que dire qu'il n'en joue pas, n'a pas de sens. Il joue son truc, que je vais essayer de décrire aussi fidèlement que possible. Il s'agit d'une musique raisonnablement heavy, mid-tempo, qui rappelle tout à la fois Legenda, les premiers Samael, Khold et Alastis. On y trouve aussi un esprit crû qui me fait inéluctablement penser à Unleashed, lorsque celui-ci ralentit le tempo. D'ailleurs, comme chez Unleashed, la "nordicité" de l'affaire est patente. Certes, pas à la façon norvégienne, vous l'aurez compris. Mais tout de même, il y a cet élan glaciaire, obtenu grâce à l'utilisation de riffs très lancinants, de claviers judicieux et surtout, du chant. Eh oui, le chant est la grande affaire de ce disque. Pasi Koskinen, rebaptisé Ruoja, scande dans son finnois natal ce que l'on devine être des appels naturalistes à la gloire de la forêt nordique et de la fatalité païenne. Ce chant fait véritablement très plaisir à entendre, puisqu'il parvient à conjuguer deux traits rarement alignés ensemble : impact et obédience black. Il rappelle dans une certaine mesure ce que pouvait faire Mikka Luttinen au temps béni de "Suomi Finland Perkele". La comparaison n'est d'ailleurs pas innocente puisque le côté "groovy" de ce disque n'est pas sans rapport avec les trois morceaux heavy que contenait "Suomi Finland Perkele", en plus produit cependant (je n'ai pas dit "mieux"), puisque la production de "Tyhjyys" est en effet des plus carrées. Telle est donc la description la plus objective possible de ce que contient ce disque. Après, dire s'il est bon, relève de la gageure tant il s'éloigne des sentiers battus. Il n'est ni nécro, ni sympho (litote...), ni "blastant".... Il ne ressemble à rien de ce qui se fait actuellement, et c'est un excellent point. Le revers de la médaille consiste en son aspect répétitif, aucun titre, ni même aucun passage ne se détachant du lot. Ce disque est replié sur lui-même, séduisant malgré lui grâce à ses mélodies massives et son honnêteté inattaquable. Il ne livre aucune innovation, ni aucun effet hype. Il se contente d'asséner ses certitudes avec la constance de ceux qui ont le temps devant eux et qui éprouvent un complet désintérêt pour ce que l'on en pensera. Ce qui est rare. Je vous le dis, Ajattara croise hors des rails de navigation usuels...
 
Alexis Kieffer
Decibels Storm - décembre 2004