

After Forever - "After Forever"
Depuis quelques années maintenant, le Metal, dans sa large définition, n'est pas sans compter les groupes à vocaux féminins et en particulier ceux dont les lead vocals le sont entièrement.
Pour ma part, j'ai commencé à adorer ça (car oui, je l'avoue, j'adore, c'est mon côté féminin...) vers les années 94-95-96 où on a pu voir arriver sur les diverses scènes nationales mais surtout nordiques des groupes tels que Theatre of Tragedy avec un premier album éponyme vraiment bon, mais aussi The 3rd and the Mortal et le cultissime « Tears laid in earth » et enfin, sans oublier, The Gathering et « Mandylion » (même si « Always » reste mon préféré en matière de death/doom) qui fut une révélation mondiale . Mais ces groupes-là, bien que mettant en avant une nouvelle ère de vocaux féminins, restaient encore dans un death à forte tendance doom (sauf « Mandylion » qui est un album totalement innovant et avant-gardiste pour son époque).
La musique évoluant constamment, vers les trois dernières années du millénaire sont apparus de nouveaux groupes apportant encore leur pierre à l'édifice Metal. Je parle des Nightwish et leur heavy symphonique ou autres Lacuna Coil pour leur côté plus gothique. Et bien c'est à ce moment là qu'After Forever a commencé à voir le jour et à faire découvrir sa musique.
Malheureusement ce groupe, à mon avis (et il s'entend qu'il n'engage que moi), s'est fait piquer la vedette par les autres, Nightwish avec sa notoriété, (et une Tarja très charismatique), Lacuna Coil et son excellent « Comalies » et enfin Epica surtout (avec une Simone trop sexy) arrivé sur le tard, créé par Mark Jensen, lui-même évincé d'After Forever alors qu'il était membre fondateur. Donc cela a eu pour conséquence, pour After Forever, une série d'albums pas mauvais mais pas hyper intéressants. On s'est rendu compte, malgré tout, qu'After Forever a persisté, travaillé, et « Invisible Circles » et « Remagine » ont porté leurs fruits. After Forever a fait sa place dans ce monde de « Symphonic/gothic/power/ heavy metal » (les étiquettes se trouvent plus facilement dans le Metal que dans les magasins !!!).
Déjà, avec les deux derniers albums cités, je me suis rendu compte qu'au niveau voix, la puissance de Floor Jansen est carrément plus probante que celle de Tarja (qui n'est plus dans Nightwish, oui on sait) et de Simone, qui finalement se cantonnent à rester dans le soprano sans vraiment donner de variantes. Floor nous offre des explorations au plus loin qu'on puisse aller dans ce registre avec une puissance phénoménale.
Sur ce nouvel album éponyme, After Forever a signé là le meilleur qu'ils aient fait depuis leurs débuts. Pour ma part, c'est un aboutissement, une récompense du travail fourni après tant d'années, et au jour d'aujourd'hui, c'est à mon sens le meilleur groupe de ce style de musique.
L'ambiance est très symphonique mais ils ne se contentent pas de nous donner que des mélodies sympho justement, on joue sur tous les tableaux: du gros heavy assez gras parfois, des accélérations plutôt violentes, mélodiques bien sûr, mais violentes. Le chant guttural de Sanders Gommans apporte une autre dimension à des morceaux comme « Discord », ça se marie merveilleusement bien au thème.
Chaque morceau est magistral, on se laisse emporter par les ambiances qui s'enchainent dans nos oreilles comme les olives et les biscuits secs dans la bouche à l'apéro!!
Oui, beaucoup diront que ce style, c'est de la daube, qu'il y a trop de groupes « à gonzesse ». Peut-être, mais créer une musique aussi envoûtante, aussi carrée, aussi belle tout simplement, mérite le respect. Des morceaux comme « Energize me » sont peut-être commerciaux, mais c'est bon malgré tout, car à côté de ça on a d'autres titres comme « Equally Destructive » ou « De-Energized »qui nous rappelle nos racines, ce bon vieux heavy agressif, et en ce qui concerne « De-Energized », elle décrasse pas mal.
On peut s'attarder également sur « Dreamflight », qui, d'une durée de 11mn10, reste une chanson digne d'un opéra, avec voix claire masculine, envolées lyriques, changements de rythmes symphoniques, douceur extrême, puissance, brutalité: une chanson très progressive dans sa composition ...
De toute façon, After Forever n'a pas lésiné sur le packaging non plus. On ne se moque pas du client avec une version digibook somptueuse, une cover également sympa, sobre mais sympa. Lorsqu'on s'est procuré cette version, on peut profiter d'un bonus: « Lonely », d'un media player et de la vidéo « Energize me ». Je terminerai par dire que
Monsieur Jeff Waters (Annihilator, [allez écouter « Never neverland » pour ceux qui ne connaissent pas]) et Madame Doro Pesch (Warlock [allez écouter « Triumph and agony » pour ceux qui ne connaissent pas]) ont participé en tant que guests sur l'album.
Alors que ceux qui pensent qu'After Forever c'est « bof », eh bien ils se mettent une poutre dans l'oeil, et pour les autres, foncez l'acheter !!!