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Chronique et review de l’album promo 2010 de Ad Patres.

Ad Patres

"promo 2010"

(autoproduction - 2010)

pochette de l’album promo 2010 de Ad Patresimage élargie – pochette de l’album
Ad Patres - "promo 2010"
A force d'écouter tous les blasphèmes musicaux qui inondent internet et qui s'entassent dans les boites aux lettres des chroniqueurs; tel l'Ange Gabriel, le groupe bordelais Ad Patres vient en exterminateur afin de vous remettre dans le droit chemin du death metal.

Si la signification d'Ad Patres veut dire mourir en fait, c'est comme la bonne vieille faucheuse que ce nouveau combo vient chercher vos âmes pieuses, en proposant un cd promotionnel de seulement trois titres.
Nous avons ici un attroupement autorisé de personnes bien intentionnées avec des ex-membres du groupe de grind I.O.S.T, un ex-membre de Withdrawn, et le mercenaire de la batterie, le troubadour de l'extrême, le L.G Petrov du blast, le Martin Van Drunen de la double... bref Yann Herrera (Seth, Enthroned, E-Force....).
Mais ce n'est pas sans oublier un jeune hurleur de première qui a déjà fait ses preuves sur scène, en la personne de Axel, timide mais puissant vocalement.
Et là je viens de vous vendre le promo comme un champion sans aucun diplôme BEP force de vente ou HEC....
Et oui, donc un premier cd, tout mignon, tout classique, sans artwork, mais ce qui peut sembler normal vu que c'est dans un but promotionnel, avec un logo à l'ancienne et le minimum syndical en information pour savoir juste ce qu'on a à savoir.
Musicalement, il ne faudra pas aller chier bien loin pour s'apercevoir que Ad Patres c'est fait pour les gonzesses qui ont des couilles, ou les mecs qui en ont aussi ? Ou les filles qui n'en n'ont pas ? Et les mecs à qui il en manque une également...
Eh oui, c'est du death metal qui poutre, du death metal plus ou moins à l'ancienne mais bien brutal avec ce petit côté très rythmé qui donne l'impression de se faire piétiner par le XV de France à l'entrainement juste avant de jouer contre les All Blacks; Du genre un crampon sur l'oreille, un taille 52 sur la nuque....Quelque chose de puissant et qui s'impose et qui t'écrase
Alors c'est vrai que sur trois titres on ne peut pas se faire une méga grande idée de l'aptitude d'Ad Patres à séduire l'auditeur sur le long terme, d'autant plus que les titres avoisinent les trois minutes, mais comme le disait Exodus en 1990 l'impact est imminent.
Il semble pour avoir écouté le cd un nombre incalculable de fois, en le savourant (oui c'est mon côté HEC qui ressort), que le travail réalisé par le groupe soit véritablement mis en valeur aussi par la production.
Une production réalisée sous l'égide de Mathieu Pascal(Gorod) je suppose puisque ce cd a été enregistré pour les batteries au moins, puis mixé et masterisé au Bud Records. De l'artisanat bien local encore une fois.
Donc, gros travail sur les vocaux en premier. On constate des variations gutturales intenses qui ne se cantonnent pas à juste éructer, mais à moduler ses cordes pour éviter toute linéarité, ce qui nous emmène vers un style vocal proche des Dying Fetus, Vader parfois, et sur d'autres un trucs plus gras, plus suédois. Et en plus exit les gruiks de goret chez AP, c'est une bonne chose. Pas qu'il y en ait eu avant, mais surtout que trop de groupes en usent par souci de commodité ou par manque de capacité pulmonaire....
Question style, le death metal d'Ad Patres se situe dans un registre assez standardisé dans l'ensemble, parce que c'est le côté pur death metal dans son essence qui ressort de ces trois titres, mêlant des passages ultra rapides, violent et massifs à d'autres un peu plus ambiants. Mais si ce n'est pas l'originalité qui fait le grand talent de ce groupe largement compensé par le reste, c'est sa faculté à exécuter les morceaux, à les jouer, et à nous donner cette déflagration nucléaire, qui le rend redoutable.
C'est justement la manière dont ils abordent le death metal qui leur donne une énorme puissance, les trois titres s'étalent entre plusieurs scènes death diversifiées. On pourra y voir ce que l'on voudra c'est toujours subjectif de toutes façons, mais j'ai eu la sensation d'y voir du Cryptopsy, du vieux Illdisposed et tantôt des choses plus terre à terre, mais toujours du continent américain comme Brutality.
Ce qui est intéressant c'est qu'à côté de la facette violente et technique, les morceaux savent s'aérer d'eux même en proposant des passages plus posés, moins rapides mais très efficace comme le break avec le solo sur « To the fathers », un style très américain qui nous rappelle les James Murphy et consorts.
C'est clair qu'en trois morceaux, Ad Patres arrive à vous écorcher littéralement, en mettant vos nerfs à vifs parce que leur death est brutal, puissant, varié, technique et efficient. C'est tout ce que l'on demande à un groupe de death. Mais il faudra attendre la suite pour confirmation...j'ai hâte.
Alors pour clôturer ce monologue dans le thème de la religion comme il a commencé, en guise d'expiation maintenant, au lieu de faire trois Ave Maria vous pourrez faire 3 Ad Patres :
The Lock-To The fathers-Scorn Asthetics.
Amen.

Arzhu Decibels Storm - mars 2011
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