

Absu - "Absu"
Véritable pionnier black métal outre-Atlantique pour certains, la bande à Proscriptor marque son grand retour en ce début d'année 2009. Il faut dire que cet album éponyme était attendu depuis un bail et c'est Candlelight qui doit bien se frotter les mains avec cette signature.
Petite piqûre de rappel si besoin est : Absu, formé au tout début des années 90, est ni plus ni moins l'un des premiers groupe de black américain à s'être convenablement exporté sur le vieux continent. Leur musique, fortement typée "thrash Bay Area" a toujours divisée l'auditoire, oscillant entre statut de groupe culte et simple dispensable. "Tara", dernier album en date (et clairement leur meilleur) sorti chez Osmose en 2001, devrait convaincre les plus curieux d'entre vous qu'Absu est bien loin d'être un groupe de seconde zone.
Revenons à nos moutons avec cet album. Continuant son bonhomme de chemin toujours sans le bassiste co-fondateur "Equitant" parti en 2002, Absu nous prouve qu'il lui reste bien plus que de la ressource et y va joyeusement en terme d'efficacité. Jamais facile à apprivoiser, ce type de disque mérite son lot d'écoutes minutieusement décortiqué. Riche et complet, résolument thrash, le groupe balaye en quelques titres les moindres doutes sur son état de forme. On prend aisément son pied sur l'excellent "Of The Dead Who Never Rest..." en trois parties et son psychédélique final de synthé. Que dire de l'énorme "Magick Square Cipher" et ses nombreux breaks ou du très speed "Girras Temple", les riffs lancinants de "Ye Uttuku Spells". La patte de Proscriptor sur les compos se ressent avec quelques passages énergiques communs à Melechesh. Élever un niveau de batterie pareil tout en assurant le chant force au respect...
Du côté des textes, là non plus Absu n'a pas lésiné puisque le groupe reste encore une fois sur une thématique sumérienne plutôt intéressante (ce décrivant "Mythological Occult Metal" par la même occasion) et nous sort de derrière les fagots sa pochette la plus kitsch (signée Kris Verwimp tout de même).
Évidemment pressenti comme l'une des grosses curiosités de ce début d'année, cet album ne déçoit à aucun moment. Sans trop tomber dans les comparatifs avec "Tara", je dirais que "Absu" est bien plus abouti, plus technique et bénéficie en plus d'une prod' parfaite. Encore une fois, ce disque mérite d'être longuement réécouté à plusieurs reprises tant les détails sont multiples.
Du thrash pour les black métalleux, du black métal pour les thrasheurs, tout ce petit monde devrait y trouver son compte finalement. Une chose est sure : il va falloir compter sur Absu cette année.